À qui s'adresse cette page
- Inscrits à la TPS/TVH qui importent des marchandises pour leur entreprise, directement ou par l'entremise d'un courtier en douane ou d'un service de messagerie
- Acheteurs dont le fournisseur étranger, le transitaire ou le centre d'exécution des commandes a dédouané les marchandises
- Spécialistes de la tenue de livres qui répartissent les droits, la TPS et les frais sur les factures de courtier
Non traité ici
- Les taux de droits, le classement tarifaire, la valeur en douane et les pénalités douanières
- La taxe de vente du Québec et les taxes de vente provinciales sur les importations
- Les services et les biens incorporels achetés hors du Canada
- Les marchandises qu'un consommateur importe pour son usage personnel
- Les exportations et les ventes détaxées
Qui paie la TPS sur les marchandises importées, et puis-je la demander comme crédit de taxe sur les intrants?
Le propriétaire ou l'importateur officiel paie la TPS/TVH sur les marchandises importées, perçue à la frontière avec les droits (ARC : importations et exportations). L'importateur officiel est la personne désignée dans la déclaration en douane comme responsable de la comptabilisation des marchandises et du paiement des droits et des taxes (ASFC : Mémorandum D17-1-5). Un inscrit à la TPS/TVH qui est l'importateur peut demander la taxe comme crédit de taxe sur les intrants (CTI) lorsque les conditions habituelles du crédit sont remplies (ARC : importations et exportations).
La taxe fédérale est de 5 % de la valeur des marchandises (Loi, art. 212). Cette valeur est la valeur en douane plus les droits et taxes payables sur les marchandises en vertu des lois douanières et d'accise, comme les droits de douane et la taxe d'accise (Loi, art. 215). La taxe peut s'appliquer même quand le taux de droits est nul. Les droits ne sont pas de la TPS/TVH et ne donnent donc droit à aucun crédit, et les frais propres du courtier comportent leur propre taxe, que le courtier facture.
Cinq éléments rendent un dossier moins simple :
- Le nom inscrit sur la déclaration. L'Agence du revenu du Canada (ARC) rattache le crédit à l'importateur, la personne qui a fait importer les marchandises. Ce n'est pas toujours l'importateur officiel indiqué sur les documents douaniers. Des documents au nom d'un fournisseur, d'un transitaire ou d'un centre d'exécution des commandes exigent des étapes supplémentaires, exposées plus loin.
- Ce que montre la facture du courtier. Les droits, la taxe et les frais regroupés dans un seul total ne peuvent être ni demandés ni inscrits dans les livres tant qu'ils ne sont pas séparés.
- Votre emplacement. Dans une province qui applique la TVH, la partie provinciale de la TVH sur les marchandises commerciales fonctionne autrement que la partie fédérale.
- Votre droit de demander le crédit. La Loi n'accorde le crédit qu'à un inscrit, et seulement pour la part d'utilisation dans le cadre d'activités commerciales (Loi, art. 169). La plupart des biens d'équipement suivent plutôt un critère d'utilisation principale (voir la section sur la demande plus bas).
- Le nombre de périodes ouvertes. Les crédits omis peuvent encore être demandés, mais seulement dans un délai limite (quatre ans pour la plupart des inscrits). Chaque période de déclaration a sa propre date limite; il faut donc d'abord trier les importations plus anciennes.
Pour commencer, dressez la liste de toutes les importations faites depuis quatre ans et, pour chaque envoi, rassemblez le document de comptabilisation en douane ou le reçu du service de messagerie, la facture du courtier, la facture du fournisseur, la preuve de paiement et votre numéro d'inscription à la TPS/TVH. Si l'ARC vous demande ces documents lors d'un examen, voir examens et vérifications de la TPS/TVH.
Qu'est-ce qui prouve la TPS payée à la frontière : relevé de douane, CAD (ancien B3) ou reçu de messagerie?
Commencez par le document de comptabilisation en douane de chaque envoi : pour les marchandises commerciales, la déclaration comptable commerciale (CAD), qui a remplacé l'ancien formulaire B3-3; pour les envois par messagerie, le reçu du service de messagerie avec le détail des taxes; pour les petits envois commerciaux par la poste, le formulaire E14 (voir la section sur la messagerie et la poste). Un inscrit ne peut demander un crédit que s'il détient, avant de produire sa déclaration, des preuves suffisantes pour calculer le montant (Loi, art. 169(4)). Pour les importations, l'énoncé de politique de l'ARC mentionne une copie de la documentation d'importation (ARC : P-125R).
La CAD est produite au moyen du système de gestion des cotisations et des recettes (GCR) de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC). L'ASFC précise qu'elle a remplacé l'ancien formulaire de codage B3-3 et qu'elle est la facture officielle des droits et taxes exigibles (ASFC : Mémorandum D17-1-5). Des directives plus anciennes de l'ARC mentionnent encore le formulaire B3-3 (ARC : RC4027). Un importateur inscrit au portail client de la GCR peut consulter et imprimer chaque déclaration et son historique de transactions (ASFC : Mémorandum D17-1-5). Les avis quotidiens et les relevés de compte mensuels énumèrent ce qui a été porté au compte (ASFC : avis quotidien et relevé de compte).
Sur chaque déclaration, vérifiez trois éléments :
- Votre nom et votre numéro de compte d'import-export comme importateur. L'ASFC exige que les documents d'importation commerciale indiquent le numéro valide de l'importateur, et le compte du courtier ne peut servir que dans des cas limités (ASFC : Mémorandum D17-1-5).
- Le numéro de transaction à 14 chiffres. Il identifie l'envoi; servez-vous-en pour associer la déclaration à la facture du courtier (ASFC : Mémorandum D17-1-5).
- Les dates. Elles comptent pour la période de déclaration (voir plus bas).
Ces vérifications décrivent les déclarations actuelles. Pour les envois plus anciens compris dans le délai de demande, l'ASFC a permis aux courtiers d'utiliser leur propre compte pour davantage d'entrées jusqu'à la fin de 2025 (ASFC : Avis des douanes 24-27); une entrée plus ancienne peut donc porter le numéro du courtier plutôt que le vôtre. Demandez les documents au courtier et faites examiner chaque envoi plus ancien.
Les directives de l'ARC et de l'ASFC ne précisent pas si la facture d'un courtier, un relevé mensuel ou un reçu de messagerie suffit à lui seul. L'ASFC appelle la déclaration la facture officielle et exige qu'un service de messagerie remette un reçu détaillant les taxes payées; partez donc de ces documents et gardez-y joint la facture du courtier. Une déclaration peut être corrigée jusqu'à sa date d'échéance de paiement et rajustée après cette date (ASFC : Mémorandum D17-1-5). La taxe remboursée ou recouvrée en vertu d'une loi fédérale avant la fin de la période de déclaration est exclue du crédit (Loi, art. 225(3.1)), et un remboursement ou un rajustement ultérieur peut aussi le modifier; gardez donc tout avis de rajustement de l'ASFC avec l'envoi. Conservez les registres pendant 6 ans. Pour savoir ce que doit indiquer une facture de fournisseur ordinaire, y compris les frais propres du courtier, voir renseignements à inscrire sur un reçu pour les CTI de TPS/TVH.
La facture de mon courtier regroupe droits, TPS et frais : comment la répartir dans les livres?
Divisez chaque facture de courtier selon les parties ci-dessous et inscrivez chaque partie sur sa propre ligne, rattachée au numéro de transaction de l'envoi.
| Ligne de la facture du courtier | De quoi il s'agit | Dans les livres | Crédit de taxe sur les intrants? |
|---|---|---|---|
| Droits de douane, taxe d'accise et autres frais douaniers | Payés à l'ASFC pour vous. Ne constituent pas de la TPS/TVH | Fait partie du coût des marchandises pour vous | Non |
| TPS sur la déclaration (la partie fédérale de la TVH dans une province qui applique la TVH) | Taxe sur l'importation, calculée sur la valeur plus les droits | TPS/TVH à recevoir pour la part admissible au crédit; toute part non admissible fait partie du coût des marchandises | Oui, si vous êtes l'importateur et un inscrit, pour la part d'utilisation commerciale (biens d'équipement : critère d'utilisation principale) |
| Frais du courtier | Le service propre du courtier pour vous | Coût de courtage, ou partie du coût des marchandises selon votre méthode d'établissement du coût | Aucun crédit sur les frais eux-mêmes |
| Taxe sur les frais du courtier, lorsqu'elle est facturée | Taxe que le courtier facture à titre de fournisseur | TPS/TVH à recevoir | Oui, sur une facture en bonne et due forme et dans la mesure où elle sert à des activités commerciales |
| Intérêts ou pénalités de l'ASFC sur le relevé | Frais pour comptabilisation ou paiement tardif. Ne sont ni des droits ni de la TPS/TVH | Leur propre ligne, hors du coût des marchandises | Non |
Si vous payez directement le relevé de compte de l'ASFC, un seul paiement bancaire couvre plusieurs déclarations. Inscrivez-le à partir du relevé et des déclarations, une ligne par déclaration, rattachée par numéro de transaction (ASFC : avis quotidien et relevé de compte).
Un courtier qui paie les droits et la taxe pour vous peut agir comme votre mandataire, selon l'entente. L'ASFC précise que les importateurs demeurent en dernier ressort responsables des documents comptables et du paiement des droits et taxes, même s'ils font appel à un courtier (ASFC : Mémorandum D17-1-5). Le mémorandum d'admissibilité de l'ARC considère que c'est le mandant, et non le mandataire qui paie seulement en son nom, qui acquiert les biens aux fins du crédit (ARC : Mémorandum 8-1). Le mémorandum ne nomme pas les courtiers en douane; il s'agit donc de l'application de la règle générale du mandat.
Vérifiez le calcul avant d'inscrire. La taxe fédérale sur la déclaration devrait normalement égaler 5 % de la valeur en douane plus les droits et taxes payables sur les marchandises en vertu des lois douanières et d'accise (Loi, art. 215). Si ce n'est pas le cas, demandez au courtier pourquoi avant de demander le crédit; des règles d'évaluation particulières de la Loi peuvent expliquer un écart.
Utilisez la taxe en dollars canadiens indiquée sur la déclaration; l'ARC précise que la taxe est calculée sur la valeur en dollars canadiens des marchandises. Pour le coût des marchandises en dollars canadiens, voir coût des stocks en dollars américains dans des livres canadiens.
Comment la demander dans la déclaration, et pour quelle période?
Demandez la TPS à la ligne 106 de la déclaration de TPS/TVH pour la période de déclaration où la taxe est devenue payable ou, si vous l'avez payée sans qu'elle soit devenue payable, la période où vous l'avez payée (Loi, art. 169(1); ARC : instructions de la déclaration). Le crédit couvre la part des marchandises utilisée dans le cadre d'activités commerciales. Pour la déclaration elle-même et l'usage mixte, voir produire la déclaration de TPS/TVH et demander des crédits de taxe sur les intrants.
La date retenue pour un relevé différé dépend des faits. La déclaration indique quand les marchandises ont été libérées. Seuls les importateurs qui bénéficient du privilège de mainlevée avant paiement et qui fournissent une garantie financière paient plus tard, sur un relevé mensuel; les autres paient à la mainlevée. La période de facturation d'un relevé va du 18 d'un mois au 17 du mois suivant, et le paiement est dû 10 jours ouvrables après le 17 (ASFC : Mémorandum D17-1-5). La Loi traite la taxe d'importation payée et perçue en vertu de la Loi sur les douanes comme s'il s'agissait de droits (Loi, art. 214), mais les directives de l'ARC et de l'ASFC ne disent pas quelle date s'applique à un relevé différé. Notez la date de mainlevée et la date de paiement du relevé pour chaque entrée. Si elles tombent dans des périodes de déclaration différentes, réglez ce point avant de produire la déclaration. Un crédit demandé une période trop tard reste permis dans le délai indiqué plus bas.
Quatre cas où la demande fonctionne autrement :
- Non inscrit. La Loi accorde le crédit à un inscrit. La taxe demeure un coût. Si vous vous êtes inscrit après avoir payé, voir demander la TPS/TVH payée avant l'inscription.
- Méthode rapide. L'ARC précise que les taux de versement tiennent déjà compte des crédits pour les dépenses d'exploitation et les achats de stocks (ARC : RC4058). La formule de crédit du règlement couvre les biens importés et limite généralement les crédits d'achat d'un inscrit à la méthode rapide aux immeubles et aux immobilisations (Règlement, art. 17(1); art. 15(1)). La TPS à l'importation sur des stocks ou des fournitures d'exploitation n'est donc pas un crédit distinct; celle sur des immobilisations autres que des immeubles peut l'être. Voir le guide sur la méthode rapide.
- Usage mixte et biens d'équipement. Le crédit se réduit à la part commerciale (Loi, art. 169(1)). Pour la plupart des biens meubles en immobilisation, une utilisation commerciale supérieure à 50 % permet un crédit complet, et une utilisation égale ou inférieure n'en permet aucun; les voitures de tourisme et les aéronefs des particuliers et des sociétés de personnes suivent des règles distinctes (Loi, art. 199). Voir produire la déclaration de TPS/TVH et demander des crédits de taxe sur les intrants.
Comment fonctionne la partie provinciale de la TVH sur les importations commerciales?
Dans une province participante (TVH), la partie provinciale de la TVH sur les marchandises commerciales n'est pas perçue à la frontière. L'ARC précise qu'un inscrit la paie par autocotisation (ARC : importations et exportations). Vérifiez d'abord l'exonération ci-dessous; elle peut ne laisser rien à autocotiser.
La Loi définit les marchandises commerciales comme les marchandises importées pour la vente ou pour un usage commercial, industriel, professionnel, institutionnel ou autre usage semblable, et exonère les marchandises comptabilisées comme marchandises commerciales de la partie provinciale perçue à la frontière en fonction de la résidence de l'importateur (Loi, art. 212.1). La taxe autocotisée est le taux de la province appliqué à la valeur des marchandises selon l'article 215. Elle ne s'applique pas aux marchandises, autres qu'un véhicule à moteur déterminé, qu'un inscrit fait entrer pour les consommer, les utiliser ou les fournir exclusivement dans le cadre de ses activités commerciales. L'exonération est perdue pour un inscrit qui utilise la méthode rapide ou la méthode de la taxe nette spéciale pour les organismes de bienfaisance (Loi, art. 220.07). La page de l'ARC sur les importations n'en parle pas; c'est la loi qui prévaut. Lorsque la taxe reste payable, par exemple sur des marchandises non utilisées exclusivement dans le cadre d'activités commerciales, l'ARC indique :
- Un inscrit porte le montant autocotisé à la ligne 405 de sa déclaration de TPS/TVH.
- Il peut demander un crédit de taxe sur les intrants sur cette taxe, selon son utilisation commerciale. Les instructions de la ligne 106 couvrent la taxe sur les biens amenés dans une province participante (ARC : instructions de la déclaration).
- Un non-inscrit qui doit s'autocotiser utilise le formulaire GST489.
Une règle distincte peut s'appliquer lorsqu'un fournisseur non-résident non inscrit vous livre des marchandises dans une province participante, ou les y envoie par la poste ou par messagerie : vous autocotisez la partie provinciale sur le moindre du prix payé et de la juste valeur marchande des marchandises, pour un achat sans lien de dépendance. Aucune taxe n'est payable à ce titre sur les biens de la partie I de l'annexe X, qui comprend les mêmes marchandises à usage commercial exclusif et prévoit les mêmes exceptions pour la méthode rapide et les organismes de bienfaisance (Loi, art. 220.06; annexe X, partie I, art. 22). La page de l'ARC sur les importations n'explique pas comment cette règle s'articule avec la taxe d'importation sur le même envoi; faites donc confirmer le montant et le crédit correspondant avant de produire la déclaration.
La partie fédérale est toujours payée à la frontière et demandée à la ligne 106. La taxe de vente du Québec sur les importations suit les règles de Revenu Québec, que cette page ne traite pas.
Envois par messagerie et par la poste : qui perçoit la taxe, et qu'est-ce que je reçois?
Pour les marchandises commerciales dédouanées dans le cadre du Programme des envois de faible valeur par messagerie de l'ASFC, le service de messagerie doit remettre à l'importateur ou au courtier un reçu détaillant les droits et taxes payés (ASFC : importation de marchandises commerciales par messagerie). Le programme couvre les envois d'un service de messagerie agréé dont la valeur estimée en douane va jusqu'à 3 300 $ et qui ne sont ni contrôlés, ni prohibés, ni réglementés (ASFC : Mémorandum D17-1-5). Un importateur inscrit demande la TPS indiquée sur ce reçu, sous réserve des conditions habituelles, et conserve le reçu avec les registres de l'envoi. Traitez les frais de manutention du service de messagerie comme les frais du courtier du tableau ci-dessus. Un envoi par messagerie hors du programme est comptabilisé au moyen d'une déclaration, comme les autres marchandises commerciales (ASFC : Mémorandum D17-1-5).
Les petits colis peuvent ne comporter aucune taxe. Les marchandises d'une valeur de 20 $ ou moins envoyées par la poste ou par messagerie à une adresse au Canada ne sont pas taxables, sauf exceptions comme les produits d'accise et certaines publications (ARC : importations et exportations). Si des frais de messagerie arrivent sans le détail, demandez le reçu avant de demander le crédit.
Les marchandises commerciales envoyées par la poste dont la valeur en douane est de 3 300 $ ou moins sont évaluées par les agents des services frontaliers. Si des droits ou des taxes sont dus, l'ASFC appose le formulaire E14, le formulaire d'importation postale, qui indique le montant, et Postes Canada le perçoit pour l'ASFC (ASFC : D5-1-1). Conservez le E14 et la preuve de paiement avec la facture du fournisseur. Le courrier commercial de valeur plus élevée est libéré sur des documents de mainlevée et de comptabilisation.
Rendu droits acquittés ou rendu au lieu de destination : qui est l'importateur si les documents ne sont pas à mon nom?
Les conditions commerciales comme le rendu droits acquittés (DDP) et le rendu au lieu de destination (DAP) ne déterminent pas votre crédit. Ce sont des clauses du contrat de vente, et les directives de l'ARC et de l'ASFC n'en tirent aucune règle. Ce qui compte, c'est qui a fait importer les marchandises, qui détient les documents d'importation et où la vente est faite.
Le lieu de la vente change la voie à suivre. Une vente de marchandises livrées hors du Canada, ou au Canada avant la mainlevée douanière, est faite hors du Canada (Loi, art. 142(2); art. 144), et vous êtes l'importateur aux fins du crédit, comme il est exposé plus bas. Si le fournisseur importe les marchandises, obtient la mainlevée, puis les livre au Canada, la vente est généralement faite au Canada (Loi, art. 142(1)a)) : un fournisseur inscrit facture la TPS/TVH sur sa facture et vous demandez cette taxe; un non-résident non inscrit n'en facture pas, et l'étape 2 ci-dessous s'applique.
L'ARC précise que la personne qui a droit au crédit est celle qui fait essentiellement importer les marchandises, qui n'est pas nécessairement l'importateur officiel (ARC : P-125R). La Loi appuie cette position. Aux fins du crédit, l'acheteur de marchandises fournies de l'extérieur du Canada et importées pour sa consommation, son utilisation ou sa fourniture est traité comme l'importateur, sauf s'il fournit les marchandises hors du Canada avant leur mainlevée, et la taxe d'importation que quiconque a payée à l'importation est réputée payée pour le compte de l'acheteur (Loi, art. 178.8(2)). L'importateur officiel demeure tenu de payer la taxe (ARC : P-125R).
Les instructions actuelles du formulaire de l'ARC disent la même chose : l'importateur réputé est la seule personne qui peut demander le crédit, mais il doit détenir les documents d'importation, qui peuvent devoir provenir du fournisseur qui a comptabilisé l'importation (ARC : GST532). Alors :
- Demandez au fournisseur ou au transitaire la déclaration ou les autres documents d'importation qui montrent la taxe sur vos envois.
- Si le fournisseur est un non-résident non inscrit qui a payé la taxe d'importation, et qu'il vous fournit et vous livre les marchandises au Canada avant que lui-même ou quiconque agissant pour lui ne les utilise au Canada, la Loi vous traite comme ayant payé cette taxe au moment où le fournisseur l'a payée, dès que le fournisseur vous remet une preuve, jugée satisfaisante par le ministre, que la taxe a été payée (Loi, art. 180). Votre délai de demande se compte à partir de ce paiement réputé, et non du jour où la preuve arrive. Le guide de l'ARC pour les non-résidents indique qu'une copie du formulaire de l'ASFC montrant la taxe payée est une preuve satisfaisante (ARC : RC4027).
- Si le fournisseur est inscrit, fait la vente hors du Canada et importe lui-même les marchandises en payant la taxe d'importation, vous et le fournisseur pouvez convenir à tout moment de traiter la vente comme faite au Canada, au moyen du formulaire GST532. Les deux signent; chacun garde une copie et aucune n'est envoyée à l'ARC. Le fournisseur demande alors la taxe d'importation comme son propre crédit et facture la TPS/TVH sur sa facture, y compris les droits et taxes que vous lui remboursez, et vous demandez cette taxe à la place de la taxe d'importation (Loi, art. 178.8(3) et (4); ARC : GST532). Votre preuve est alors la facture du fournisseur. Pour une importation antérieure, l'ARC dispose de quatre ans à compter de la date de l'entente pour établir ses effets (Loi, art. 178.8(10)).
Sans documents d'importation ni entente de ce type, la demande peut manquer des preuves que la Loi exige. Un professionnel peut confirmer la voie qui convient à chaque envoi.
Marchandises envoyées à un entrepôt ou à un centre d'exécution des commandes : à quel nom la déclaration est-elle établie?
L'importateur désigné dans la déclaration est celui que l'ASFC facture. L'ASFC tient les importateurs responsables des documents comptables et du paiement même lorsqu'un courtier agit pour eux (ASFC : Mémorandum D17-1-5). Le propriétaire des marchandises au moment de la mainlevée et l'importateur officiel sont aussi solidairement responsables des droits avec l'importateur (Loi sur les douanes, art. 17(3); en vigueur depuis le 1er janvier 2026 selon ASFC : Avis des douanes 24-27), et la TPS à l'importation incombe à la personne redevable des droits (Loi, art. 212). Un transitaire ou un entrepôt nommé sur la déclaration ne dégage pas à lui seul le propriétaire de sa responsabilité.
Si un centre d'exécution des commandes, un exploitant d'entrepôt ou un transitaire est nommé sur la déclaration, la déclaration est la leur. Vous pourrez peut-être demander le crédit comme la personne qui a fait importer les marchandises si vous détenez leurs documents, comme dans la section précédente. Demandez la déclaration avant la clôture de la période. Les directives de l'ARC et de l'ASFC ne prévoient aucune règle distincte pour un centre d'exécution des commandes qui traite les propres importations d'un vendeur canadien.
Si les marchandises appartiennent à un propriétaire non-résident et que l'exploitant de l'entrepôt est l'importateur officiel, l'ARC applique des règles spéciales de livraison directe; voir vendeurs américains ayant des stocks au Canada. Si une plateforme a déjà perçu la taxe sur vos ventes, voir quand une place de marché perçoit la TPS/TVH.
Jusqu'à quand puis-je demander la TPS à l'importation que j'ai omise?
En général quatre ans, comptés à partir de la fin de la période de déclaration où la taxe est devenue payable ou a été payée. Demandez le crédit au plus tard à la date d'échéance de la déclaration de la dernière période de déclaration qui se termine dans ce délai; les crédits non demandés auparavant peuvent figurer sur une déclaration future (ARC : crédits de taxe sur les intrants). Les institutions financières désignées et les autres personnes déterminées disposent généralement de deux ans à compter de la fin de l'exercice qui comprend cette période (Loi, art. 225(4)); le guide de production précise qui est visé.
| Règle | Limite | Source |
|---|---|---|
| Délai habituel pour le crédit | quatre ans | Loi, art. 225(4) |
| Conservation des registres | 6 ans | ARC : registres à conserver pour la TPS/TVH |
Les envois d'une même période de déclaration partagent une seule date limite. Dressez la liste de toutes les importations des années ouvertes avec leur déclaration, regroupées par période, puis demandez ce qui manque. Si une déclaration produite doit être corrigée, voir corriger une déclaration de TPS/TVH produite. Si l'ARC demande des documents d'importation, voir examens et vérifications de la TPS/TVH.
Exemple
Ces exemples sont donnés à titre d'illustration; tous les montants sont en dollars canadiens.
Une facture de courtier qui regroupe tout
Un vendeur en ligne de l'Alberta, inscrit à la TPS/TVH, importe des marchandises destinées à la revente d'une valeur en douane de 20 000 $ CA et paie directement le fournisseur. La facture du courtier indique des droits de 1 000 $ CA, une TPS sur la déclaration de 1 050 $ CA, des frais de courtier de 150 $ CA et 7,50 $ CA de TPS sur ces frais, pour un total de 2 207,50 $ CA.
- La vérification : 5 % de (20 000 $ CA + 1 000 $ CA) donne 1 050 $ CA; la déclaration est donc exacte.
- Le vendeur demande 1 057,50 $ CA (1 050 $ CA + 7,50 $ CA) à la ligne 106 pour la période où la taxe est devenue payable, ou a été payée sans être devenue payable. Les marchandises sont des stocks destinés à la vente; la part commerciale en est donc la totalité, et le vendeur utilise la méthode ordinaire, et non la méthode rapide.
- Les 1 000 $ CA de droits s'ajoutent au coût des marchandises. Les 150 $ CA de frais sont un coût de courtage.
Le fournisseur a dédouané les marchandises
Un vendeur en ligne inscrit achète des stocks de 5 000 $ CA auprès d'un fournisseur étranger. Le fournisseur agit comme importateur officiel et paie 250 $ CA de TPS à la frontière (5 % de 5 000 $ CA, aucun droit payable). La facture du vendeur montre un seul prix et aucune ligne de taxe.
- Sans documents d'importation, le vendeur ne pourra peut-être pas demander les 250 $ CA tant qu'il ne détient pas la preuve de la taxe payée.
- Si la vente a été faite hors du Canada (les marchandises ont été livrées au vendeur avant la mainlevée), le vendeur est l'importateur aux fins du crédit en vertu de l'article 178.8(2). Avec une copie de la documentation d'importation, il peut demander les 250 $ CA comme part commerciale de stocks destinés à la vente.
- Si le fournisseur a obtenu la mainlevée puis a livré les marchandises au Canada, un fournisseur inscrit aurait dû facturer la TPS/TVH sur sa facture. Un fournisseur non-résident non inscrit n'en facture pas, et l'article 180 traite le vendeur comme ayant payé les 250 $ CA au moment où le fournisseur les a payés, dès que le fournisseur fournit une preuve satisfaisante et que la livraison a eu lieu avant que le fournisseur utilise les marchandises au Canada.
Un reçu de messagerie pour des pièces
Une société de personnes inscrite, selon la méthode ordinaire, reçoit un reçu de messagerie pour des pièces importées consommées dans son entreprise taxable (et non des biens d'équipement) qui indique 40 $ CA de TPS. Elle demande 40 $ CA à la ligne 106 pour la période où la taxe est devenue payable ou, si elle a été payée sans être devenue payable, a été payée. Si elle avait omis le crédit sur cette déclaration, elle pourrait demander le même montant sur une déclaration ultérieure dans le délai prévu.
Votre situation est différente?
- Un seul paiement à l'ASFC ou un seul total de courtier couvre plusieurs envois : la part des droits, de la TPS et des frais dépend des documents derrière chaque ligne. Voir aide en tenue de livres.
- Les documents douaniers sont au nom d'un fournisseur, d'un transitaire ou d'un centre d'exécution des commandes, ou vous expédiez rendu droits acquittés : le droit à un crédit pour un envoi donné dépend des documents que vous pouvez obtenir. Voir aide en tenue de livres.
- Vous avez des années d'importations sans crédit demandé : le délai court envoi par envoi; les importations les plus anciennes sont donc triées en premier. Voir aide en tenue de livres.
- L'ARC a demandé des documents d'importation : voir examens et vérifications de la TPS/TVH et, pour les registres envoi par envoi, aide en tenue de livres.
- Vous avez déjà produit sans le crédit : voir corriger une déclaration de TPS/TVH produite.
- Vous êtes au Québec, ou l'ASFC a établi une nouvelle cotisation pour une entrée : la taxe du Québec sur les importations et les montants douaniers corrigés modifient les chiffres. Voir aide en tenue de livres.
- Vous importez de l'équipement ou un véhicule, utilisez la méthode rapide ou êtes dans une province qui applique la TVH : le crédit complet, partiel ou nul, et l'obligation de payer la partie provinciale, dépendent de l'utilisation et de la méthode. Voir aide en tenue de livres.
- Vous avez acheté des services ou des logiciels hors du Canada, et non des marchandises : voir factures de fournisseurs et d'entrepreneurs étrangers.
- Votre fournisseur facture en dollars américains et vous établissez le coût des stocks en dollars canadiens : voir coût des stocks en dollars américains dans des livres canadiens.
- Vous êtes un vendeur américain avec des stocks au Canada : voir vendeurs américains ayant des stocks au Canada.
- Vos livres sont en retard : voir rattraper des livres en retard et aide en tenue de livres.
Chiffres de cette page
| Chiffre | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Délai habituel pour demander les crédits de taxe sur les intrants (CTI) de la TPS/TVH Pour une personne qui n'est pas une personne déterminée, calculé à partir de la fin de la période de déclaration initiale; présentez la demande au plus tard à la date limite de la dernière période de déclaration se terminant dans cette fenêtre, sous réserve des exceptions prévues par la loi | Quatre ans | Lois de Justice Canada : Loi sur la taxe d'accise, alinéa 225(4)b) Vérifié |
| Taux de la TPS Alberta, Colombie-Britannique, Manitoba, Québec, Saskatchewan et territoires ; aussi la part fédérale de la TVH | 5 % | ARC : calculateur de la TPS/TVH (et taux) Vérifié |
| Durée habituelle de conservation des registres de la TPS/TVH Généralement à partir de la fin de la dernière année d'imposition à laquelle se rapportent les registres; les registres des biens à long terme et d'autres exceptions peuvent exiger une conservation plus longue | 6 ans | ARC : registres à conserver pour la TPS/TVH Vérifié |
| Seuil d'utilisation commerciale d'un bien meuble en immobilisation Pour la plupart des biens meubles en immobilisation autres que des véhicules, une utilisation commerciale supérieure à ce seuil peut donner droit à un CTI complet; à ce seuil ou en deçà, elle n'y donne droit à aucun | 50 % | ARC : pourcentage d'admissibilité au CTI Vérifié |
| Limite de valeur du Programme des envois de faible valeur par messager Valeur estimative en douane d'un envoi par un messager agréé; marchandises ni contrôlées, ni prohibées, ni réglementées par une loi du Parlement | 3 300 $ | ASFC : Mémorandum D17-1-5, Comptabilisation des marchandises commerciales Vérifié |
| Valeur d'importation par la poste ou par messager, égale ou inférieure à laquelle les marchandises ne sont pas imposables Les biens d'une valeur égale ou inférieure à ce montant envoyés par la poste ou par messager à une adresse au Canada ne sont pas imposables, sauf exceptions comme les produits d'accise et certaines publications | 20 $ | ARC : TPS/TVH sur les importations et les exportations Vérifié |
| Valeur en douane d'un envoi par la poste, égale ou inférieure à laquelle les agents cotisent les marchandises commerciales (formulaire E14) Les marchandises commerciales acheminées par courrier dont la valeur en douane ne dépasse pas ce montant sont cotisées par les agents des services frontaliers; un formulaire E14 indique les droits et taxes à payer. Au-delà, l'importateur obtient la mainlevée avec les documents de mainlevée et de comptabilisation. | 3 300 $ | ASFC : Mémorandum D5-1-1, Traitement du courrier international Vérifié |
| Période générale du crédit de taxe sur les intrants de la TPS/TVH pour une personne déterminée Calculé à partir de la fin de l'exercice qui comprend la période de déclaration initiale; présentez la demande au plus tard à la date limite de la dernière période de déclaration se terminant dans cette fenêtre, sous réserve des exceptions prévues par la loi | Deux ans | Loi sur la taxe d'accise, sous-alinéa 225(4)a)(iii) Vérifié |
Sources officielles
- ARC : TPS/TVH sur les importations et les exportations
- Lois de Justice Canada : Loi sur la taxe d'accise, article 212
- Lois de Justice Canada : Loi sur la taxe d'accise, article 212.1
- Lois de Justice Canada : Loi sur la taxe d'accise, article 214
- Lois de Justice Canada : Loi sur la taxe d'accise, article 215
- Lois de Justice Canada : Loi sur la taxe d'accise, article 220.06
- Lois de Justice Canada : Loi sur la taxe d'accise, article 220.07
- Lois de Justice Canada : Loi sur la taxe d'accise, article 169
- Lois de Justice Canada : Loi sur la taxe d'accise, article 178.8
- Lois de Justice Canada : Loi sur la taxe d'accise, article 180
- Lois de Justice Canada : Loi sur la taxe d'accise, article 142
- Lois de Justice Canada : Loi sur la taxe d'accise, article 144
- Lois de Justice Canada : Loi sur la taxe d'accise, article 199
- Lois de Justice Canada : Loi sur la taxe d'accise, annexe X
- Lois de Justice Canada : Règlement sur la comptabilité abrégée (TPS/TVH), article 17
- Lois de Justice Canada : Règlement sur la comptabilité abrégée (TPS/TVH), article 15
- Lois de Justice Canada : Loi sur les douanes, article 17
- ARC : formulaire GST532, Entente et révocation d'une entente entre le fournisseur et l'importateur réputé
- ASFC : Mémorandum D5-1-1, Traitement du courrier international
- ARC : Énoncé de politique sur la TPS/TVH P-125R, Droit au crédit de taxe sur les intrants pour la taxe sur les produits importés
- ARC : Mémorandum sur la TPS/TVH 8-1, Règles générales d'admissibilité
- ARC : crédits de taxe sur les intrants
- ARC : registres à conserver pour la TPS/TVH
- Lois de Justice Canada : Loi sur la taxe d'accise, article 225
- ARC : instructions pour remplir la déclaration de TPS/TVH
- ARC : renseignements généraux à l'intention des inscrits à la TPS/TVH (RC4022)
- ARC : faire des affaires au Canada, renseignements sur la TPS/TVH pour les non-résidents (RC4027)
- ARC : méthode rapide de comptabilité pour la TPS/TVH (RC4058)
- ASFC : Mémorandum D17-1-5, Comptabilisation des marchandises commerciales
- ASFC : Avis des douanes 24-27, Mesures transitoires de mise en œuvre de la GCR en octobre
- ASFC : avis quotidien et relevé de compte
- ASFC : importation de marchandises commerciales par messagerie
- ASFC : comptabilisation des importations commerciales
- ASFC : aperçu de la GCR
À propos de ce guide
Traduit du guide en anglais · Lire l'original en anglais
Il explique les règles générales pour l'année d'imposition indiquée. Il ne s'agit pas d'un conseil adapté à votre situation.
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- : Première publication.