À qui s'adresse cette page
- Citoyens canadiens et résidents permanents qui vivent hors du Canada et prévoient acheter une maison au Canada
- Non-résidents qui achètent une maison pour y emménager plus tard ou pour s'en servir lors de visites
Non traité ici
- Non-Canadiens qui achètent en vertu des exceptions à l'interdiction d'achat
- Taxes provinciales et municipales sur les cessions immobilières, la spéculation et les logements vacants
- Achat par l'intermédiaire d'une société ou d'une fiducie
- Règles sur les prêts hypothécaires, l'immigration et l'impôt du pays étranger
Un citoyen canadien non-résident peut-il acheter une maison au Canada?
Oui. L'interdiction fédérale d'acheter un immeuble résidentiel ne vise qu'un « non-Canadien », et la définition de la Loi exclut les citoyens canadiens, les personnes inscrites en vertu de la Loi sur les Indiens et les résidents permanents, où qu'ils vivent. Vivre à l'étranger ne fait pas d'un citoyen ou d'un résident permanent un non-Canadien selon cette Loi. Un résident permanent reste hors de l'interdiction seulement tant qu'il conserve ce statut, qui peut se perdre après une décision définitive selon laquelle il n'a pas respecté l'obligation de résidence (LIPR, art. 46). L'interdiction peut aussi viser une société, y compris une société canadienne contrôlée par des non-Canadiens. Le ministère des Finances du Canada a prolongé l'interdiction jusqu'au 1er janvier 2027; vérifiez si elle a été prolongée de nouveau avant de vous fier à cette date.
L'interdiction n'est pas une règle fiscale. Les questions fiscales commencent une fois la maison achetée :
| Question | Règle en bref |
|---|---|
| La maison fait-elle de moi un résident de nouveau? | Elle le peut : une maison gardée à votre disposition est un lien de résidence important |
| Loyer pendant que je suis à l'étranger | 25 % du loyer brut, ou une déclaration selon l'article 216 sur le loyer net |
| CELIAPP ou Régime d'accession à la propriété (RAP) | Inutilisables pour l'achat tant que vous êtes non-résident |
| Exemption pour résidence principale | Seules les années de résidence comptent; acheter en étant non-résident fait aussi perdre l'année supplémentaire habituelle |
| Vendre avant de revenir | Avis de l'article 116 et retenue de prix par l'acheteur |
Ce qui complique un dossier : un conjoint qui n'est ni citoyen ni résident permanent, un résident permanent qui a passé la plus grande partie des cinq dernières années à l'étranger, un achat par une société, une maison louée puis habitée, ou d'autres liens avec le Canada déjà en place. Chacun change soit la personne qui peut acheter, soit l'imposition de la maison.
À réunir dès maintenant : vos preuves de résidence (date de départ, logement à l'étranger, lieu de vie de votre famille), la convention d'achat et l'état de clôture, et votre projet pour la maison : la louer, la garder pour vos visites ou y emménager.
Posséder une maison au Canada fait-il de moi un résident?
Posséder une maison ne fait pas de vous, à lui seul, un résident du Canada aux fins de l'impôt, mais une maison gardée à votre disposition pendant que vous êtes à l'étranger fait partie des liens que l'ARC juge importants. Le folio S5-F1-C1 (¶1.11–1.12) range un logement, un époux ou conjoint de fait et des personnes à charge parmi les liens qui comptent presque toujours.
Une maison louée à un tiers sans lien de dépendance est traitée autrement. Le folio (¶1.26–1.27) indique qu'un non-résident qui achète une maison pour y emménager plus tard et la loue à un tiers sans lien de dépendance peut ne pas avoir de lien important du fait de cette maison, s'il n'a pas d'autres liens de résidence. Une maison meublée et vide que vous gardez pour vos visites n'a pas droit à ce traitement. Un bail sous le prix du marché à un proche est plus faible; le folio l'accepte surtout pour les personnes qui n'ont jamais été résidentes du Canada.
La résidence se décide d'après l'ensemble de vos liens, et une convention fiscale peut trancher un cas où deux pays vous réclament. Voyez la résidence fiscale canadienne pour le critère complet et la règle de départage.
Puis-je utiliser mon CELIAPP ou le Régime d'accession à la propriété en vivant à l'étranger?
Non. Aucun des deux régimes ne peut financer une maison achetée pendant que vous êtes non-résident :
| Régime | Règle pendant que vous êtes non-résident |
|---|---|
| Compte d'épargne libre d'impôt pour l'achat d'une première propriété (CELIAPP) | Vous ne pouvez pas faire de retrait admissible; vous devez être résident du premier retrait admissible jusqu'à l'acquisition de la maison (ARC) |
| Régime d'accession à la propriété (RAP) | Vous devez être résident au moment du retrait et le rester jusqu'à l'achat de la maison, si vous ne l'avez pas encore achetée (ARC) |
L'argent retiré d'un CELIAPP pendant que vous êtes non-résident est un retrait imposable, avec une retenue de 25 %, sauf si une convention fiscale la réduit. Les deux régimes exigent aussi que vous soyez un acheteur d'une première propriété et que la maison n'ait pas été achetée plus de 30 jours avant le retrait (article 146.6, article 146.01). Une maison achetée à l'étranger ne peut donc jamais être financée par l'un ou l'autre, et tant que vous y habitez, et pendant quatre années civiles par la suite, vous n'êtes pas un acheteur d'une première propriété. Pour les utiliser, revenez d'abord, puis achetez. Pour un CELIAPP que vous détenez déjà, voyez votre CELIAPP quand vous quittez le Canada.
Quel impôt s'applique si je loue la maison jusqu'à mon retour?
Le Canada impose le loyer versé à un non-résident à 25 % du loyer brut, retenu par le locataire ou par votre mandataire. Une déclaration selon l'article 216 vous permet de payer l'impôt sur le loyer net, après dépenses (T4144). La déclaration est généralement due dans les deux ans suivant l'année où le loyer a été versé, ou dans les six mois suivant l'année si votre mandataire a retenu l'impôt sur le loyer net selon un formulaire NR6 approuvé. Si rien n'a été retenu et que vous manquez ce délai, l'ARC établit contre vous une cotisation d'impôt de non-résident.
Un choix dans cette déclaration compte plus tard : demander la déduction pour amortissement (DPA) sur l'immeuble bloque le choix qui vous permet d'emménager sans disposition réputée (voyez la section suivante). Les formulaires, le NR6 et les délais sont expliqués dans les propriétaires non-résidents.
Mes années à l'étranger comptent-elles pour l'exemption pour résidence principale?
Non. Selon l'alinéa 40(2)b), seules les années où vous étiez résident du Canada comptent pour l'exemption. L'année supplémentaire habituelle de la formule (« un plus ») ne s'applique que si vous étiez résident durant l'année d'achat de la maison; une maison achetée en étant non-résident la perd donc.
Deux autres règles s'appliquent à votre retour :
- Revenir ne remet pas le coût de la maison à zéro. Lorsque vous devenez résident, la plupart des biens sont réputés achetés à leur valeur ce jour-là, mais les immeubles canadiens en sont exclus (alinéa 128.1(1)b)). La maison conserve ce que vous avez payé.
- Transformer un immeuble locatif en votre résidence est une disposition réputée. Le paragraphe 45(1) traite le changement d'usage comme une vente suivie d'un rachat à la valeur de ce jour-là. Le paragraphe 45(3) vous permet de choisir d'y échapper, mais le choix n'est pas offert si la déduction pour amortissement a été demandée sur le bien.
La voie la moins coûteuse dépend du gain et du nombre d'années. Le choix peut être produit au plus tard à la date limite de production de l'année de la vente, ou dans les 90 jours suivant une demande de l'ARC si cette date vient en premier; mais sans choix, la disposition réputée doit figurer dans la déclaration de l'année de l'emménagement; réglez donc la question avant de produire cette déclaration. Pour le calcul complet, voyez vendre votre maison après avoir quitté le Canada et l'exemption pour résidence principale. Pour la déclaration de la première année, voyez revenir au Canada après des années à l'étranger.
Y a-t-il une taxe sur les logements sous-utilisés ou une taxe sur les logements vacants?
Non. L'ARC indique que la taxe fédérale sur les logements sous-utilisés ne s'applique pas pour 2025 et les années suivantes; elle ne visait que 2022, 2023 et 2024. Les citoyens et les résidents permanents propriétaires en leur propre nom étaient de toute façon des propriétaires exclus.
Les provinces et les villes appliquent leurs propres taxes sur les cessions immobilières, la spéculation et les logements vacants. Leurs taux, exemptions et critères de résidence varient selon l'endroit et parfois selon la citoyenneté; vérifiez les règles du lieu de la maison avant d'acheter.
Et si je vends avant d'être revenu au Canada?
Un vendeur non-résident doit aviser l'ARC dans les 10 jours suivant la vente et obtenir un certificat de conformité (ARC). Sans certificat, l'acheteur peut retenir 25 % du prix, ou davantage pour un immeuble loué. Une maison où vous n'avez jamais habité en étant résident n'a droit à aucune exemption pour résidence principale; aucune partie du gain n'est donc protégée, et toute déduction pour amortissement demandée pendant la location est ajoutée au revenu (article 13). Pour les taux, les formulaires et la récupération de la retenue : la vente d'un bien canadien par un non-résident.
Que dois-je consigner à l'achat?
Tenez un dossier dès le premier jour; il pourra vous servir des années plus tard dans une déclaration selon l'article 216, à l'emménagement ou à la vente :
- Convention d'achat, état de clôture, frais juridiques et droits de cession immobilière payés (ils forment le coût)
- Date de prise de possession, date où vous êtes devenu non-résident et date où vous êtes redevenu résident
- Usage de la maison chaque année : louée, vide, utilisée lors de visites, habitée
- Baux, loyers reçus, dépenses et toute déduction pour amortissement demandée
- Évaluation ou autre preuve de la valeur le jour du changement d'usage
- Améliorations en capital, avec les factures
Exemple
Ces exemples sont donnés à titre d'illustration et sont en dollars canadiens.
Un citoyen à Singapour qui loue d'abord, puis revient
Un citoyen achète un condo de 700 000 $ CA à l'année 1 et le loue sans lien de dépendance pour 2 500 $ CA par mois.
- Années 1 à 3 : 30 000 $ CA de loyer par année. Le locataire, ou le mandataire du citoyen au Canada, retient 7 500 $ CA (25 %) par année. Avec un NR6 approuvé, le mandataire retient plutôt sur le loyer net; dans les deux cas, une déclaration selon l'article 216 règle l'impôt sur le loyer net et rembourse tout excédent. Le condo loué est peu susceptible d'être à lui seul un lien de résidence important.
- Année 4 : le citoyen revient et emménage. Le passage de la location à la résidence est une disposition réputée à la valeur de ce jour-là, sauf si le choix du paragraphe 45(3) est fait (possible seulement si aucune déduction pour amortissement n'a été demandée).
- Année 10 : le condo est vendu. Avec le choix du paragraphe 45(3), les années 4 à 10 peuvent être désignées si aucune autre maison n'est désignée pour ces années : 7 des 10 années de propriété. Comme il a été acheté en étant non-résident, le condo n'a pas d'année supplémentaire; environ 30 % de l'ensemble du gain est donc imposable. Sans le choix, le gain des années 1 à 3 est imposé à l'année 4, et le condo est réputé acheté de nouveau durant la résidence; l'année supplémentaire s'applique donc et le gain ultérieur est généralement couvert. Le moins coûteux dépend de l'évolution de la valeur avant et après l'année 4.
Un résident permanent à Dubaï qui garde une maison pour ses visites
Un résident permanent achète une maison en rangée de 500 000 $ CA et la garde meublée pour une visite annuelle. La maison est à sa disposition; l'ARC la traitera donc habituellement comme un lien de résidence important, évalué avec tout conjoint, toute personne à charge ou tout autre lien au Canada. Un conjoint ou des personnes à charge qui y habiteraient seraient d'autres liens importants.
Un citoyen à l'étranger avec un CELIAPP
Un citoyen a ouvert un CELIAPP avant de partir et y détient 30 000 $ CA. Il ne peut pas l'utiliser pour un retrait admissible tant qu'il est non-résident. Retirer l'argent maintenant est un retrait imposable, avec une retenue de 25 %, sauf si une convention fiscale la réduit. Acheter seulement après son retour garde ouverte la voie du retrait admissible, si le citoyen respecte alors encore le critère de l'acheteur d'une première propriété; acheter la maison maintenant, à l'étranger, ferme cette voie pour cette maison.
Votre situation est différente?
- Votre conjoint n'est ni citoyen ni résident permanent : la Loi exempte un non-Canadien qui achète avec un conjoint citoyen ou résident permanent (par. 4(2)); confirmez le titre de propriété avec la personne qui s'occupe de la clôture de l'achat. Pour l'imposition de la copropriété une fois la maison achetée : l'aide en fiscalité des particuliers.
- Vous voulez que votre société l'achète : une société peut être un non-Canadien selon l'interdiction, et une maison que détient votre société soulève ses propres questions fiscales; voyez une maison détenue par votre société et obtenez de l'aide en fiscalité des particuliers avant de signer.
- Vous louerez d'abord et emménagerez plus tard : les choix touchant la déduction pour amortissement et le paragraphe 45(3) sont difficiles à défaire; planifiez-les avec l'aide en fiscalité des particuliers et voyez les propriétaires non-résidents.
- La maison pourrait faire basculer votre résidence : évaluez vos liens dans la résidence fiscale canadienne, et obtenez de l'aide en fiscalité des particuliers si un conjoint, des enfants ou d'autres liens restent au Canada.
- Vous revenez cette année : voyez revenir au Canada après des années à l'étranger.
- Vous vendez en tant que non-résident : voyez la vente d'un bien canadien par un non-résident.
- Vous êtes un Canadien qui achète plutôt aux États-Unis : voyez comment un Canadien devrait détenir un bien immobilier américain.
Chiffres de cette page
| Chiffre | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Date jusqu'à laquelle l'interdiction fédérale d'acheter des immeubles résidentiels visant les non-Canadiens a été prolongée Prolongation de deux ans annoncée par le ministère des Finances du Canada; les citoyens canadiens et les résidents permanents ne sont pas visés par l'interdiction | 1er janvier 2027 | Ministère des Finances du Canada : prolongation de deux ans de l'interdiction de propriété étrangère de logements canadiens Vérifié |
| Taux de retenue de la partie XIII sur un loyer canadien payé à un non-résident Taux général sur le loyer brut d'un immeuble canadien; une convention fiscale peut modifier le taux, et le formulaire NR6 approuvé par l'ARC peut faire passer l'assiette de la retenue au loyer net | 25 % | ARC : T4144, Guide d'impôt sur le revenu pour faire le choix de l'article 216 Vérifié |
| Retenue sur un retrait imposable d'un CELIAPP versé à un non-résident Sauf réduction par une convention fiscale; un non-résident ne peut pas faire de retrait admissible | 25 % | ARC : les non-résidents et le CELIAPP Vérifié |
| Limite de production de la déclaration de location de l'article 216 Après la fin de l'année d'imposition, lorsqu'aucun engagement NR6 n'a été produit pour l'année | Deux ans | Loi de l'impôt sur le revenu, paragraphe 216(1) Vérifié |
| Limite de production de la déclaration de location de l'article 216 après un engagement NR6 Après la fin de l'année d'imposition, lorsqu'un engagement en vertu du paragraphe 216(4) (formulaire NR6) a été produit pour l'année | Six mois | Loi de l'impôt sur le revenu, paragraphe 216(1) Vérifié |
| Années civiles pour lesquelles la taxe sur les logements sous-utilisés pourrait exiger une production ou un paiement Des obligations exigées peuvent demeurer en suspens pour les propriétaires touchés; aucune déclaration ni aucune taxe sur les logements sous-utilisés (TLSU) n'est requise pour 2025 et les années civiles suivantes | 2022, 2023 et 2024 | ARC : mise à jour sur la production de la déclaration de la taxe sur les logements sous-utilisés Vérifié |
| Avis selon l'article 116 après une disposition Après la disposition d'un bien canadien imposable visé au paragraphe 116(3), sauf si un avis préalable valide a été donné | 10 jours | Loi de l'impôt sur le revenu : paragraphe 116(3) Vérifié |
| Montant fédéral retenu par l'acheteur sans certificat pour une immobilisation Appliqué à l'excédent du prix d'achat sur toute limite du certificat, pour un bien visé au paragraphe 116(5) | 25 % | Loi de l'impôt sur le revenu, paragraphe 116(5) Vérifié |
Sources officielles
- Justice Canada : Loi sur l'interdiction d'achat d'immeubles résidentiels par des non-Canadiens
- Ministère des Finances du Canada : prolongation de deux ans de l'interdiction de propriété étrangère de logements canadiens
- ARC : Folio de l'impôt sur le revenu S5-F1-C1, Détermination du statut de résidence d'un particulier
- ARC : les non-résidents et le CELIAPP
- ARC : comment participer au Régime d'accession à la propriété
- ARC : T4144, Le choix prévu à l'article 216
- Justice Canada : Loi de l'impôt sur le revenu, article 40
- Justice Canada : Loi de l'impôt sur le revenu, article 45
- Justice Canada : Loi de l'impôt sur le revenu, article 128.1
- ARC : questions et réponses sur la taxe sur les logements sous-utilisés
- ARC : disposition ou acquisition de certains biens canadiens
À propos de ce guide
Traduit du guide en anglais · Lire l'original en anglais
Il explique les règles générales pour l'année d'imposition indiquée. Il ne s'agit pas d'un conseil adapté à votre situation.
Modifications à l'original anglais
- : Première publication.