À qui s'adresse cette page
- Canadiens qui ont abandonné leur domicile et voyagent à temps plein en travaillant en ligne
- Employés à distance d'employeurs canadiens et travailleurs autonomes ayant des clients partout, qui changent de pays tous les quelques mois
Non traité ici
- Le critère complet des liens de résidence et la règle des 183 jours
- Comment remplir le formulaire NR73
- Déclarations de non-résident pour les employés ou travailleurs autonomes établis à l'étranger
Nomade numérique et résidence fiscale canadienne : pourquoi l'absence de domicile ailleurs vous garde résident
Voyager à temps plein ne met pas, à lui seul, fin à la résidence fiscale canadienne. Le folio de l'ARC sur la résidence indique que les tribunaux considèrent qu'une absence temporaire, même prolongée, ne suffit pas pour mettre fin à la résidence, et qu'à moins de couper vos liens importants, vous demeurez généralement un résident de fait imposé sur votre revenu mondial. Quand vous ne vous êtes établi nulle part ailleurs, les liens que vous avez laissés au Canada pèsent plus lourd, pas moins.
Ce qui compte, c'est l'endroit où votre vie est établie, pas l'endroit où vous ouvrez votre ordinateur. Un nomade devient généralement non-résident par l'une de deux voies :
| Voie | Ce qu'elle exige habituellement |
|---|---|
| Couper les liens et s'établir ailleurs | Plus de domicile, de conjoint ni de personnes à charge au Canada, la plupart des liens secondaires disparus et une vie organisée dans un autre pays |
| Résidence selon une convention fiscale | Un autre pays vous impose comme son résident selon sa propre loi, et une convention fiscale avec le Canada tranche en faveur de ce pays (paragraphe 250(5)) |
Aucun fait ne tranche à lui seul. Ni un nombre de jours, ni l'abandon d'une carte d'assurance maladie, ni la fermeture d'un compte bancaire ne met fin à la résidence; l'ARC pèse tous vos liens ensemble. Le critère complet, y compris la règle des 183 jours pour les personnes qui arrivent au Canada, est expliqué dans résidence fiscale canadienne.
Un dossier devient plus complexe quand un conjoint ou des enfants restent au Canada, quand vous détenez un permis de résidence quelque part et y êtes imposé, quand un employeur canadien gère encore votre paie, quand vous détenez des placements qu'un départ réputerait vendus, ou quand vous avez omis de produire vos déclarations canadiennes depuis le début de vos voyages. Rassemblez un journal jour par jour des pays, chaque bail ou réservation, tout document de résidence étranger et la liste de ce que vous possédez ou détenez encore au Canada.
Quels liens avec le Canada les nomades numériques gardent-ils sans s'en rendre compte?
La plupart des nomades gardent certains liens par défaut. L'ARC considère un domicile, un conjoint ou des personnes à charge au Canada comme des liens importants, et dresse la liste des autres comme des liens de résidence secondaires, pesés ensemble : un seul lien secondaire suffit rarement, mais plusieurs, sans domicile ailleurs, peuvent suffire.
| Lien qu'un nomade garde souvent | Pourquoi il compte |
|---|---|
| Un logement au Canada, possédé ou loué, gardé à votre disposition | Un logement gardé à votre disposition est un lien important |
| Une maison que vous possédez mais louez à un étranger aux conditions du marché | Peut ne pas compter à lui seul comme un lien important; l'ARC examine qui est le locataire, le marché à votre départ et la raison de votre séjour à l'étranger, avec vos autres liens |
| Un conjoint, un partenaire ou des personnes à charge au Canada | Liens importants; un conjoint qui reste vous garde généralement résident |
| Effets personnels en garde-meuble ou chez la famille, un véhicule immatriculé dans une province | Biens personnels au Canada |
| Couverture d'assurance maladie provinciale | Assurance hospitalisation et assurance maladie d'une province |
| Un permis de conduire provincial | Lien secondaire de la liste de l'ARC |
| Un emploi auprès d'un employeur canadien, ou une entreprise exploitée au Canada | Liens économiques |
| Comptes bancaires, REER et comptes de placement canadiens, cartes de crédit | Liens économiques |
| Un passeport canadien, l'adhésion à des ordres professionnels ou à des syndicats | Liens secondaires de la liste de l'ARC |
| Une adresse postale au Canada | Poids limité à lui seul, s'ajoute au reste |
Le folio précise aussi que bâtir une vie à l'étranger ne suffit pas à lui seul : une personne peut être résidente de deux endroits, de sorte que la résidence canadienne ne prend fin que si les liens avec le Canada sont aussi coupés.
Un visa de nomade numérique ou un long séjour à l'étranger peut-il faire d'un autre pays votre résidence fiscale?
Seulement si ce pays vous impose comme son résident selon sa propre loi, et seulement alors une convention fiscale peut trancher. Selon le paragraphe 250(5), une personne qui serait autrement résidente du Canada est réputée non résidente quand une convention fiscale la rend résidente de l'autre pays et non du Canada. Un visa de visiteur ou de travail à distance ne fait pas nécessairement de vous un résident fiscal de ce pays; cela dépend de la loi de l'autre pays.
Quand les deux pays vous réclament, la règle de départage de la convention commence généralement par l'endroit où vous disposez d'un foyer d'habitation permanent, puis examine où vos liens personnels et économiques sont les plus étroits. Un nomade sans foyer d'habitation permanent nulle part en arrive souvent à ces derniers critères, qui peuvent encore désigner le Canada. Vérifiez si le Canada a une convention avec ce pays dans la liste du ministère des Finances du Canada; sans convention, le paragraphe 250(5) ne peut pas s'appliquer. Pour le fonctionnement de la règle de départage avec les États-Unis, voir le guide sur la règle de départage de la convention.
Si vous restez résident : ce que vous déclarez, quelle province et l'impôt étranger
Un résident de fait est imposé comme s'il n'avait jamais quitté le Canada. La page de l'ARC sur les résidents de fait temporairement à l'extérieur du Canada indique que vous déclarez vos revenus de source canadienne et étrangère et payez l'impôt fédéral plus l'impôt de la province ou du territoire où vous gardez des liens de résidence, généralement celui où vous viviez avant de partir.
- Déclaration : produisez-en une chaque année avec la trousse d'impôt de cette province. Si vous aviez droit à l'allocation canadienne pour enfants ou à l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels (anciennement le crédit pour la TPS/TVH), vous y restez admissible tant que vous produisez une déclaration chaque année.
- Province : généralement votre dernière province de résidence; voir province de résidence aux fins de l'impôt quand vos liens sont partagés.
- Impôt étranger sur les jours travaillés à l'étranger : un pays où vous travaillez peut imposer ce revenu selon ses propres règles. Si sa convention avec le Canada lui permet d'imposer ce revenu, demandez un crédit pour impôt étranger, qui peut réduire l'impôt fédéral et l'impôt provincial (formulaire T2209 pour la partie fédérale), généralement jusqu'au moindre de l'impôt étranger payé et de l'impôt canadien sur ce revenu. L'impôt que la convention interdit à ce pays de percevoir, par exemple pour un court séjour de travail, ne donne droit à aucun crédit; demandez-en le remboursement à ce pays. Voir revenu étranger dans une déclaration canadienne.
Si vous devenez non-résident : impôt de départ et ce qui change
Devenir non-résident peut déclencher l'impôt de départ sur les biens que vous possédez. Pour un nomade qui part d'abord et s'établit plus tard, le jour où vous devenez résident d'un nouveau pays peut être la date retenue (page sur les émigrants); la façon dont l'ARC la fixe est expliquée dans la date à laquelle vous devenez non-résident.
À cette date, certains biens, comme les placements non enregistrés, sont réputés vendus à leur juste valeur marchande, et vous déclarez votre revenu mondial jusqu'à cette date, puis seulement votre revenu de source canadienne par la suite. Si la juste valeur marchande totale des biens à déclarer que vous déteniez à votre départ dépassait 25 000 $, vous produisez aussi le formulaire T1161 avant votre date limite de production, même si aucune déclaration n'est exigible; l'argent comptant, les régimes enregistrés et les effets personnels valant moins de 10 000 $ chacun sont exclus de ce total. L'allocation canadienne pour enfants et l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels cessent généralement. La déclaration de départ complète est expliquée dans quitter le Canada.
Une fois non-résident, un employeur canadien cesse généralement de retenir l'impôt sur le revenu sur la rémunération d'un travail effectué hors du Canada; voir travailler pour un employeur canadien depuis l'étranger. Les honoraires de clients canadiens deviennent, pour un non-résident, des questions de revenu de source canadienne; voir clients canadiens après un déménagement à l'étranger.
Travailler pour un employeur canadien en voyageant : ce que la paie continue de faire
Tant que vous demeurez résident du Canada, la paie continue généralement de faire les mêmes retenues. Le paragraphe 104(2) du Règlement ne lève la retenue d'impôt sur le revenu que pour l'employé qui n'est ni employé au Canada ni résident du Canada au moment du paiement; un employé résident reste donc soumis aux retenues normales. Si le pays d'accueil impose aussi la rémunération, l'employé peut demander à l'ARC une lettre d'autorisation pour réduire la retenue canadienne.
La page de paie de l'ARC sur l'emploi à l'extérieur du Canada indique que le RPC s'applique au travail à l'étranger quand l'employé est résident du Canada et payé à partir de l'établissement de l'employeur au Canada, ou s'y présente habituellement au travail. L'AE s'applique quand l'employeur est au Canada, que l'employé réside habituellement au Canada et que le travail n'est pas assurable dans le pays où il est exécuté. Dites à votre employeur où vous travaillez; un pays d'accueil peut exiger ses propres retenues ou cotisations de sécurité sociale.
Travailler à la pige pour des clients partout en voyageant : toujours un revenu d'entreprise canadien?
Oui, tant que vous demeurez résident. Un résident déclare dans sa déclaration canadienne le revenu d'entreprise provenant de tous ses clients, canadiens ou étrangers, peu importe où le travail est effectué, et demande un crédit pour l'impôt étranger que la convention permet à ce pays de conserver. La TPS/TVH et la retenue étrangère pour un travailleur autonome résident sont expliquées dans travail à distance pour des employeurs et clients à l'étranger.
Si vous devenez non-résident, le Canada n'impose généralement que le revenu de source canadienne, et les honoraires de clients canadiens soulèvent leurs propres questions; voir clients canadiens après un déménagement à l'étranger.
Un nomade numérique devrait-il demander l'avis de l'ARC avant de partir?
Cela peut aider, mais ce n'est pas obligatoire et la réponse vaut ce que valent les faits que vous fournissez. Le formulaire NR73 demande à l'ARC son avis sur votre résidence quand vous êtes parti ou prévoyez partir, temporairement ou de façon permanente. Un nomade sans domicile fixe à l'étranger doit s'attendre à ce que la réponse repose sur les liens qui subsistent au Canada. Le moment de le produire et les pièges possibles sont expliqués dans demander à l'ARC de décider de votre résidence.
Documents qu'un nomade numérique devrait conserver
La résidence se décide sur les faits; conservez-en la preuve dès le premier jour. L'ARC peut vérifier la résidence des années plus tard; voir le questionnaire de l'ARC sur la résidence.
- Un journal des jours passés dans chaque pays, avec les vols et les tampons d'entrée
- Les baux, locations et réservations de chaque séjour
- Tout permis de résidence, inscription fiscale ou déclaration de revenus étranger
- L'endroit où se trouvent vos effets : contrats de garde-meuble, immatriculation ou vente d'un véhicule
- Les dates où vous avez mis fin à un bail, vendu une maison, annulé une assurance maladie, un permis ou des comptes
- Votre contrat de travail ou vos contrats avec des clients, avec le lieu où le travail a été effectué
Exemple
Ces exemples sont donnés à titre d'illustration; les montants sont en dollars canadiens.
Un développeur qui bouge sans cesse
Un développeur de Toronto abandonne son appartement, entrepose ses effets chez ses parents, garde sa carte d'assurance maladie et sa banque de l'Ontario, et change de pays tous les deux ou trois mois en facturant 120 000 $ CA à ses clients. Sans domicile ailleurs et avec des liens restants en Ontario, il est probablement encore un résident de fait. Il déclare les 120 000 $ CA facturés, moins les dépenses d'entreprise, comme revenu d'entreprise dans sa déclaration de l'Ontario et demande un crédit pour l'impôt étranger que la convention permet à ce pays de conserver.
Le même développeur s'établit
Deux ans plus tard, il signe un bail de 12 mois à l'étranger, obtient un permis de résidence, y est imposé comme résident et abandonne sa couverture de l'Ontario. Il peut devenir non-résident vers la date où il s'y établit et coupe ses derniers liens avec l'Ontario, la plus tardive de ces dates comptant généralement. Son compte non enregistré de fonds négociés en bourse vaut 50 000 $ CA pour un coût de 35 000 $ CA; il est donc réputé vendu, ce qui donne un gain en capital de 15 000 $ CA dans sa déclaration de départ, dont la moitié est imposable. Comme ses biens à déclarer (le compte de fonds) valent plus de 25 000 $, il produit aussi le formulaire T1161.
Un conjoint reste à Calgary
Le conjoint d'une nomade reste dans leur maison de Calgary. Peu importe la durée de ses voyages, cette maison et ce conjoint sont des liens importants qui la gardent généralement résidente; elle déclarerait donc ses 90 000 $ CA de revenus de contrat dans une déclaration de l'Alberta.
Votre situation est différente?
- Votre conjoint, partenaire ou vos enfants restent au Canada : vous êtes très probablement encore résident; voir résidence fiscale canadienne et obtenez de l'aide en fiscalité des particuliers.
- Vous détenez maintenant un permis de résidence et êtes imposé comme résident ailleurs : la convention fiscale et votre date de départ tranchent; voir la date à laquelle vous devenez non-résident et obtenez de l'aide en fiscalité des particuliers.
- Un employeur canadien gère encore votre paie : voir travailler pour un employeur canadien depuis l'étranger et obtenez de l'aide en fiscalité des particuliers.
- Vous détenez des placements et quittez peut-être le Canada pour de bon : voir quitter le Canada pour l'impôt de départ et obtenez de l'aide en fiscalité des particuliers.
- Vous avez cessé de produire vos déclarations, ou en avez produit comme non-résident, pendant vos voyages : l'ARC peut encore vous considérer comme résident pour ces années; voir l'ARC vous considère encore comme résident et déclarations de non-résident et rattrapage, et obtenez de l'aide en fiscalité des particuliers.
- L'ARC s'interroge sur votre résidence : voir le questionnaire de l'ARC sur la résidence et obtenez de l'aide en fiscalité des particuliers.
Chiffres de cette page
| Chiffre | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Seuil de juste valeur marchande pour le formulaire T1161 Juste valeur marchande totale des biens à déclarer détenus au départ; le formulaire est requis au-dessus de ce montant | 25 000 $ | ARC : Dispositions de biens pour les émigrants du Canada Vérifié |
| Valeur d'un bien à usage personnel en dessous de laquelle un article est exclu du formulaire T1161 Juste valeur marchande de chaque bien à usage personnel, comme les objets ménagers, les vêtements, les voitures et les objets de collection, en dessous de laquelle le bien n'est pas compté pour le formulaire T1161 | 10 000 $ | ARC : Dispositions de biens pour les émigrants du Canada Vérifié |
Sources officielles
- ARC : Folio de l'impôt sur le revenu S5-F1-C1, Détermination du statut de résidence d'un particulier
- ARC : Déterminer votre statut de résidence
- ARC : Résidents de fait temporairement à l'extérieur du Canada
- ARC : Quitter le Canada (émigrants)
- Lois de Justice Canada : Loi de l'impôt sur le revenu, article 250
- Ministère des Finances du Canada : Conventions fiscales en vigueur
- ARC : Formulaire NR73, Détermination du statut de résidence (départ du Canada)
- ARC : Emploi à l'extérieur du Canada (paie)
- Lois de Justice Canada : Règlement de l'impôt sur le revenu, article 104
À propos de ce guide
Traduit du guide en anglais · Lire l'original en anglais
Il explique les règles générales pour l'année d'imposition indiquée. Il ne s'agit pas d'un conseil adapté à votre situation.
Modifications à l'original anglais
- : Première publication.