À qui s'adresse cette page
- Les résidents permanents du Canada qui partent à l'étranger tout en gardant leur statut de résident permanent
- Les résidents permanents qui retournent dans leur pays d'origine
- Les résidents permanents dont le conjoint ou les enfants restent au Canada
Non traité ici
- La question de garder ou non votre statut de résident permanent : elle relève du droit de l'immigration, non du droit fiscal
- Le critère complet des liens de résidence
- Les formulaires et les calculs détaillés de l'impôt de départ
Une carte de résident permanent fait-elle de vous un résident fiscal du Canada?
Non. Le statut de résident permanent et la résidence fiscale sont deux critères distincts, appliqués par deux organismes distincts, et aucun ne détermine l'autre. Les agents d'immigration appliquent l'obligation de résidence prévue à l'art. 28 de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (LIPR). L'ARC détermine la résidence fiscale d'après vos liens de résidence avec le Canada, et ne traite le statut d'immigration (« statut d'immigrant reçu ou permis de travail approprié ») que comme un lien secondaire (Folio S5-F1-C1, par. 1.14). Le Folio ajoute qu'un seul lien secondaire suffit rarement à lui seul.
| Question | Qui décide | Ce qui décide |
|---|---|---|
| Gardez-vous votre statut de résident permanent? | Les autorités de l'immigration | 730 jours dans chaque période de cinq ans, comptés selon l'art. 28 de la LIPR |
| Êtes-vous un résident fiscal du Canada? | L'ARC | Vos liens : une habitation, un conjoint ou un partenaire, des personnes à charge, puis les liens secondaires |
| Êtes-vous un résident réputé? | L'ARC | 183 jours ou plus de séjour au Canada dans une année, sans liens suffisants |
Ce qui rend un dossier moins simple : une habitation gardée au Canada, un conjoint ou des enfants qui restent, de longues visites au Canada pour protéger vos jours de résident permanent, un emploi à l'étranger auprès d'un employeur canadien, ou des placements achetés pendant que vous habitiez ici. Rassemblez la date de votre premier déménagement au Canada et la date d'obtention de la résidence permanente, un registre de voyage de chaque jour passé au Canada et à l'étranger, le lieu de résidence de votre conjoint et de vos enfants, et ce que vous possédez au Canada et à l'étranger.
La règle des 730 jours de résident permanent et le critère de résidence de l'ARC : pourquoi ils peuvent donner des réponses opposées
Les deux critères ne comptent pas les mêmes choses. Selon l'art. 28 de la LIPR, un résident permanent doit être présent au moins 730 jours dans chaque période de cinq ans. La Loi compte aussi certains jours passés à l'étranger, comme les jours où vous accompagnez un conjoint ou un partenaire citoyen canadien, ou une affectation à temps plein à l'étranger pour une entreprise canadienne ou la fonction publique, selon les conditions fixées dans le règlement; Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) les applique. Le critère de l'ARC ne comporte aucun nombre de jours pour un résident de fait : il examine les liens, ne voit dans la durée du séjour à l'étranger qu'un facteur parmi d'autres, et précise qu'« il n'existe pas de durée de séjour à l'étranger en particulier » qui, à elle seule, fait de vous un non-résident (Folio S5-F1-C1, par. 1.17).
Les réponses peuvent donc diverger dans les deux sens :
- Les jours passés à l'étranger qui comptent pour le statut de résident permanent (si IRCC les accepte) ne font pas de vous un résident fiscal : vous pouvez être non-résident aux fins de l'impôt si vous coupez vos liens.
- Vous pouvez être résident fiscal tout en échouant à la règle des 730 jours, si votre conjoint, vos enfants ou votre habitation restent au Canada.
Garder ou non votre statut de résident permanent est une question pour Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada; cette page ne traite que du volet fiscal. Le critère complet des liens est expliqué dans résidence fiscale canadienne.
Peut-on vivre à l'étranger, garder sa carte de résident permanent et être non-résident aux fins de l'impôt?
Oui. Si vous partez et coupez vos liens importants (habitation, conjoint ou partenaire, personnes à charge) et la plupart des liens secondaires, comme une carte d'assurance maladie provinciale, un permis de conduire, une voiture immatriculée ici et des comptes bancaires et cartes de crédit canadiens (Folio, par. 1.14), vous êtes habituellement non-résident aux fins de l'impôt, même si vous gardez votre statut de résident permanent (ARC : déterminer votre statut de résidence). En tant que non-résident, vous ne payez l'impôt canadien que sur le revenu de source canadienne (ARC : quitter le Canada). Si vous louez une habitation que vous gardez ici, l'impôt de non-résident de 25 % s'applique au loyer brut (Loi de l'impôt sur le revenu, al. 212(1)d)). Un mandataire canadien qui perçoit le loyer doit retenir et verser cet impôt, et en est responsable s'il ne le fait pas; un locataire particulier qui loue un logement pour y habiter ne retient rien, de sorte que, sans mandataire, vous versez l'impôt vous-même (par. 215(1.2), (1.3) et (6)). Une déclaration en vertu de l'article 216 peut imposer plutôt le loyer net; lisez propriétaires non-résidents d'un immeuble locatif.
Le formulaire NR73 demande à l'ARC son avis sur la question de savoir si vous seriez non-résident (ARC). La question de le produire ou non est traitée dans demander à l'ARC de déterminer votre résidence.
Les voyages au Canada pour conserver vos 730 jours vous rendent-ils de nouveau résident fiscal?
Des visites occasionnelles ne le font pas à elles seules : l'ARC indique que votre statut « ne sera pas touché par des visites occasionnelles au Canada » (Folio, par. 1.20). Deux éléments changent cela :
- 183 jours dans une même année civile. Une personne qui n'a pas assez de liens pour être un résident de fait et qui séjourne au Canada 183 jours ou plus dans une année est réputée résidente pendant toute l'année (Loi de l'impôt sur le revenu, al. 250(1)a); Folio, par. 1.32). L'ARC compte toute partie de journée (Folio, par. 1.33). C'est le piège pour qui accumule ses jours de résident permanent en longs séjours : répartis également, 730 jours sur cinq ans font environ 146 jours par an, sous 183, mais un long séjour peut faire dépasser 183 jours dans une seule année civile.
- Reconstruire des liens. Revenir dans une habitation gardée pour vous, ou ramener votre famille, peut faire de vous de nouveau un résident de fait.
Si vous êtes aussi résident d'un pays qui a une convention fiscale avec le Canada, la règle de départage de la convention peut vous rattacher à ce pays, et vous êtes alors réputé non-résident du Canada (par. 250(5)). Sans convention, la règle des 183 jours s'applique telle qu'elle est écrite. Pour en savoir plus sur ce groupe, lisez résidents réputés du Canada.
L'impôt de départ s'applique-t-il aux résidents permanents?
Oui. Lorsque vous cessez d'être résident fiscal, vous êtes réputé vendre la plupart de vos biens à leur juste valeur marchande, quel que soit votre statut d'immigration (Loi de l'impôt sur le revenu, al. 128.1(4)b)). Trois exclusions comptent surtout pour les résidents permanents (ARC : dispositions de biens) :
| Bien | Réputé vendu au départ? |
|---|---|
| Immeubles au Canada | Non; ils restent imposables au Canada lorsque vous les vendez plus tard |
| REER, FERR, CELI, pensions et régimes semblables | Non; vous les gardez, mais vous ne pouvez plus cotiser à un CELI pendant que vous êtes non-résident |
| Biens que vous déteniez la dernière fois que vous êtes devenu résident, ou hérités depuis, si vous avez été résident au plus 60 mois durant les 120 mois précédents | Non |
| Placements et autres biens achetés pendant que vous étiez résident | Oui, sauf si une autre exclusion s'applique |
Les 60 mois comptent le temps où vous avez été résident du Canada aux fins de l'impôt, y compris les années passées avec un permis d'études ou de travail avant votre établissement, et non les années écoulées depuis que vous êtes résident permanent (al. 128.1(4)b)(iv)). Cette troisième ligne explique pourquoi la maison ou les actions d'un résident permanent récent dans son pays d'origine sont souvent épargnées, alors qu'un compte de courtage canadien ouvert après son arrivée ne l'est pas. Si tous vos biens valent plus de 25 000 $, vous produisez aussi le formulaire T1161 (ARC : quitter le Canada); lisez le formulaire de liste des biens. La règle de courte résidence est expliquée en détail dans quitter le Canada dans les cinq ans suivant l'arrivée; les formulaires et le paiement, dans quitter le Canada.
Retour dans votre pays d'origine : quelle est votre date de départ?
Habituellement, le jour où vous quittez le Canada. La règle générale fait de vous un non-résident à la plus tardive des dates suivantes : le jour de votre départ, le jour du départ de votre conjoint ou partenaire et des personnes à charge, ou le jour où vous devenez résident du nouveau pays. Mais si vous habitiez l'autre pays avant de venir au Canada et que vous y retournez pour y rétablir votre résidence, vous devenez habituellement non-résident à la date de votre départ, même si votre conjoint reste un moment pour vendre la maison (ARC : quitter le Canada; Folio, par. 1.23).
Pour cette année-là, vous déclarez votre revenu mondial jusqu'à la date de départ et seulement le revenu de source canadienne après cette date. Pour en savoir plus sur le choix de la date, lisez la date à laquelle vous devenez non-résident.
Votre conjoint et vos enfants restent au Canada pour le statut ou l'école : quel effet sur votre impôt?
Cela vous garde habituellement résident fiscal du Canada. Un conjoint ou un partenaire et des personnes à charge au Canada sont des liens importants qui comptent presque toujours (Folio, par. 1.11). Si vous êtes toujours résident, vous déclarez votre rémunération de l'étranger dans une déclaration canadienne et pouvez demander un crédit pour impôt étranger pour l'impôt payé là-bas, sauf si la règle de départage d'une convention fiscale vous rattache à l'autre pays, ce qui fait de vous un non-résident aux fins de l'impôt canadien, avec l'impôt de départ à compter de cette date (par. 250(5); par. 128.1(4)). L'exception étroite est le séjour temporaire pour tout régler lorsque vous retournez dans votre ancien pays, traité plus haut. Qui produit quoi et comment éviter la double imposition sont expliqués dans la famille reste au Canada pendant que vous travaillez à l'étranger.
Travailler à l'étranger pour un employeur canadien : jours de résident permanent et impôt
Les jours de travail à l'étranger ne comptent pour les jours de résident permanent que dans des cas étroits : l'art. 28 de la LIPR et l'art. 61 du règlement exigent une affectation à temps plein hors du Canada par une entreprise canadienne admissible, et c'est IRCC qui décide. Dans tous les cas, l'ARC détermine quand même la résidence fiscale d'après vos liens. Si vous êtes non-résident, le Canada impose le revenu d'emploi pour le travail que vous faites au Canada (Loi de l'impôt sur le revenu, sous-al. 115(1)a)(i)). Les retenues sur la paie et les voyages de travail au Canada sont expliqués dans travailler à l'étranger pour un employeur canadien.
Le statut de résident permanent maintient-il l'allocation pour enfants ou le crédit pour la TPS/TVH?
Non. L'Allocation canadienne pour enfants exige que vous soyez résident du Canada aux fins de l'impôt; le statut de résident permanent ne répond qu'à une condition distincte sur le statut d'immigration de vous-même ou de votre conjoint (ARC : ACE, avant de présenter une demande). Si votre conjoint ou partenaire reste au Canada avec les enfants et demeure résident fiscal, l'allocation peut continuer à son nom. Les non-résidents ne peuvent généralement pas recevoir l'Allocation canadienne pour enfants ni la Prestation canadienne pour l'épicerie et les produits essentiels (anciennement le crédit pour la TPS/TVH), et l'ARC vous demande de la joindre sans tarder si des versements continuent d'arriver (ARC : quitter le Canada). L'arrêt des versements et le remboursement sont expliqués dans prestations après un départ du Canada.
Exemple
Ces exemples sont donnés à titre d'illustration et sont en dollars canadiens.
Retour dans son ancien pays, condo loué
Une résidente permanente depuis quatre ans, qui a déménagé au Canada pour la première fois à son établissement, quitte Vancouver pour le pays où elle habitait auparavant. Son conjoint part avec elle, et elle loue son condo à un locataire sans lien de dépendance, dans le cadre d'un long bail. Elle garde sa carte de résidente permanente. Aux fins de l'impôt, elle est probablement non-résidente dès le jour de son départ. Le condo est un immeuble canadien; il n'est donc pas réputé vendu, mais son loyer reste imposable au Canada tant qu'elle est non-résidente; sans mandataire, elle verse elle-même l'impôt sur ce loyer. Un compte de placement canadien qui vaut 50 000 $ CA et a coûté 40 000 $ CA est réputé vendu, ce qui donne un gain en capital de 10 000 $ CA dans sa déclaration de départ, dont la moitié (5 000 $ CA) s'ajoute à son revenu. Son appartement à l'étranger, acquis avant son arrivée, est épargné parce qu'elle a été résidente du Canada pendant 48 mois, soit au plus 60 des 120 derniers mois. Comme son condo et son compte valent ensemble plus de 25 000 $, elle les inscrit aussi sur le formulaire T1161 au plus tard à sa date limite de production; l'appartement à l'étranger n'y figure pas.
Travail à l'étranger, famille restée à Toronto
Un résident permanent accepte un emploi à l'étranger rémunéré 150 000 $ CA. Son conjoint et ses enfants restent dans leur maison de Toronto pour garder leur statut et rester à l'école. Aux fins de l'impôt, il est probablement toujours un résident de fait : les 150 000 $ CA vont dans sa déclaration canadienne, avec un crédit pour impôt étranger pour l'impôt payé à l'étranger, sauf si la règle de départage d'une convention fiscale le rattache à l'autre pays.
De longs séjours pour accumuler des jours de résident permanent
Un résident permanent vit dans un pays sans convention fiscale avec le Canada et n'a ni habitation ni famille au Canada. Pour rattraper ses 730 jours, il passe 190 jours au Canada en une seule année. Il peut être un résident réputé pour toute cette année et devoir déclarer ses 80 000 $ CA de revenu mondial dans une déclaration canadienne.
Votre situation est différente?
- Vous avez gardé une habitation au Canada ou votre famille est répartie entre deux pays : votre résidence est une question d'appréciation des liens; lisez résidence fiscale canadienne et obtenez de l'aide en fiscalité des particuliers.
- Vous louez votre habitation au Canada après votre départ : lisez propriétaires non-résidents d'un immeuble locatif et obtenez de l'aide en fiscalité des particuliers pour la production annuelle.
- Vous avez passé de longues périodes au Canada pour conserver vos jours de résident permanent, ou l'ARC vous a interrogé sur votre résidence : lisez résidents réputés du Canada et le questionnaire de résidence de l'ARC, et obtenez de l'aide en fiscalité des particuliers.
- Vous êtes parti une année antérieure sans produire de déclaration de départ ni de formulaire T1161 : lisez formulaires de départ produits en retard et pénalités et obtenez de l'aide en fiscalité des particuliers.
- Vous détenez des placements achetés pendant que vous étiez au Canada : lisez quitter le Canada pour la déclaration de départ et l'aide en fiscalité des particuliers pour les valeurs.
- Vous êtes arrivé au cours des cinq dernières années : lisez quitter le Canada dans les cinq ans suivant l'arrivée.
- Votre conjoint et vos enfants restent au Canada : lisez la famille reste au Canada pendant que vous travaillez à l'étranger et obtenez de l'aide en fiscalité des particuliers.
- Vous travaillez pour un employeur canadien depuis l'étranger : lisez travailler à l'étranger pour un employeur canadien.
- Des prestations ont continué d'arriver après votre départ : lisez prestations après un départ du Canada.
- Vous revenez après des années à l'étranger : lisez revenir au Canada après des années à l'étranger.
Chiffres de cette page
| Chiffre | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Taux de retenue de la partie XIII sur un loyer canadien payé à un non-résident Taux général sur le loyer brut d'un immeuble canadien; une convention fiscale peut modifier le taux, et le formulaire NR6 approuvé par l'ARC peut faire passer l'assiette de la retenue au loyer net | 25 % | ARC : T4144, Guide d'impôt sur le revenu pour faire le choix de l'article 216 Vérifié |
| Exception canadienne à l'impôt de départ pour les biens détenus à l'immigration Pour un particulier qui était propriétaire du bien lorsqu'il est devenu résident du Canada pour la dernière fois | Au plus 60 mois durant les 120 mois précédents | Lois de Justice Canada : Loi de l'impôt sur le revenu, sous-alinéa 128.1(4)b)(iv) Vérifié |
| Seuil de juste valeur marchande pour le formulaire T1161 Juste valeur marchande totale des biens à déclarer détenus au départ; le formulaire est requis au-dessus de ce montant | 25 000 $ | ARC : Dispositions de biens pour les émigrants du Canada Vérifié |
Sources officielles
- Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés, art. 28
- ARC : Folio de l'impôt sur le revenu S5-F1-C1, Détermination du statut de résidence d'un particulier
- ARC : déterminer votre statut de résidence
- ARC : quitter le Canada (émigrants)
- ARC : dispositions de biens
- Loi de l'impôt sur le revenu, art. 128.1
- Loi de l'impôt sur le revenu, art. 250
- Règlement sur l'immigration et la protection des réfugiés, art. 61
- Loi de l'impôt sur le revenu, art. 212
- Loi de l'impôt sur le revenu, art. 215
- Loi de l'impôt sur le revenu, art. 115
- ARC : Allocation canadienne pour enfants, avant de présenter une demande
À propos de ce guide
Traduit du guide en anglais · Lire l'original en anglais
Il explique les règles générales pour l'année d'imposition indiquée. Il ne s'agit pas d'un conseil adapté à votre situation.
Modifications à l'original anglais
- : Première publication.