À qui s'adresse cette page
- Résidents canadiens qui s'installent à Dubaï, à Abou Dabi ou ailleurs aux EAU
- Canadiens déjà installés aux EAU qui se demandent si le Canada les impose encore
Non traité ici
- Lois, visas et impôts des EAU
- Impôt de départ et formulaire T1161 en détail
- Location d'une maison canadienne ou gestion d'une société canadienne depuis l'étranger
Le départ pour Dubaï met-il fin à l'impôt canadien?
Le départ pour Dubaï ne met fin à l'impôt canadien sur votre revenu mondial que si vous rompez aussi vos liens de résidence avec le Canada. L'Agence du revenu du Canada (ARC) vous traite comme un émigrant lorsque vous partez vivre ailleurs et rompez ces liens (ARC : Quitter le Canada). Ni la citoyenneté ni un visa de résidence des EAU n'en décident.
Une fois non-résident, vous restez imposable au Canada sur :
- la disposition réputée de la plupart de vos biens le jour de votre départ (impôt de départ);
- les pensions canadiennes, la SV, le RPC, les paiements de REER et de FERR et les dividendes, par la retenue des non-résidents;
- d'autres revenus canadiens, comme le loyer d'un immeuble canadien ou le travail exécuté au Canada.
Ce qui complique un départ vers les EAU : pour la plupart des personnes, la convention n'offre aucune règle de départage (voir plus bas); l'analyse du Canada repose donc sur vos seuls liens. Si vous demeurez résident canadien, le Canada impose votre salaire des EAU, et l'allègement de la double imposition de la convention ne compense que l'impôt réellement payable aux EAU sur ce revenu (convention, article 24); si aucun impôt des EAU n'est payable, rien ne compense l'impôt canadien.
Votre situation n'est pas simple si votre conjoint, vos enfants ou votre maison restent au Canada, si vous gardez une société ou un immeuble locatif canadien, si vous détenez de gros gains non réalisés, ou si vous êtes déjà parti sans produire de déclaration de départ. Chacun de ces cas peut laisser le Canada imposer votre salaire des EAU ou créer une facture difficile à corriger.
À rassembler avant de partir : votre date de départ, votre bail et votre visa de résidence aux EAU, ce qui arrive à votre maison canadienne, le lieu de résidence de votre conjoint et de vos enfants, la liste de vos biens avec leur valeur le jour du départ, et chaque payeur canadien qui continuera de vous verser de l'argent (pensions, RPC, SV, REER ou FERR, dividendes, intérêts, loyers).
Le Canada a-t-il une convention fiscale avec les EAU, et qui est résident des EAU selon cette convention?
Oui. Le Canada a une convention fiscale avec les EAU, mais sa règle de résidence vise peu de Canadiens qui déménagent. L'article 4(1)(b)(i) ne considère un particulier comme résident des EAU que s'il est ressortissant des EAU et qu'il a une présence importante, un foyer permanent ou un lieu de séjour habituel aux EAU, ainsi que des liens personnels et économiques plus étroits avec les EAU qu'avec tout autre pays (convention Canada–EAU).
Un Canadien, un Indien, un Britannique ou un autre expatrié qui n'est pas ressortissant des EAU n'est pas résident des EAU selon la convention, peu importe depuis combien de temps il vit à Dubaï. Un certificat de résidence fiscale ou un visa de résidence des EAU n'y change rien. Deux conséquences en découlent :
- Si les deux pays pouvaient vous considérer comme résident, la règle de départage de la convention (article 4(3)) ne peut pas vous attribuer aux EAU.
- La règle canadienne qui met fin à votre résidence canadienne lorsqu'une convention vous attribue à un autre pays (Loi de l'impôt sur le revenu, par. 250(5)) ne peut pas vous aider.
L'ARC peut aussi présumer que vous n'êtes pas résident d'un autre pays aux fins d'une convention, sauf preuve du contraire (Folio S5-F1-C1, ¶1.43). En termes simples : pour un non-ressortissant, rien dans la convention ne peut mettre fin à la résidence canadienne; seule la rupture de vos liens avec le Canada le peut.
Si la convention ne s'applique pas, qu'est-ce qui décide si je reste résident canadien?
Seuls vos liens avec le Canada en décident. Selon le folio de l'ARC, vous demeurez généralement résident de fait à moins de rompre vos liens de résidence importants en partant (Folio S5-F1-C1, ¶1.10). Créer de solides liens aux EAU ne met pas fin, à lui seul, à la résidence canadienne (¶1.21).
| Lien | Comment l'ARC l'évalue |
|---|---|
| Maison au Canada à votre disposition | Presque toujours un lien important (¶1.11–1.12) |
| Conjoint ou conjoint de fait au Canada | Généralement un lien important, sauf si vous vivez séparés à cause de l'échec de la relation (¶1.13) |
| Personnes à charge au Canada | Presque toujours un lien important (¶1.11) |
| Permis de conduire, assurance maladie provinciale, comptes bancaires et éléments semblables | Liens secondaires, évalués ensemble; un seul suffit rarement (¶1.14) |
| Retours au Canada | Les visites occasionnelles comptent généralement peu une fois les liens rompus; des visites fréquentes combinées à d'autres liens pèsent davantage (¶1.20) |
Par ailleurs, une personne qui n'est pas résidente de fait mais qui séjourne au Canada 183 jours ou plus au cours d'une année civile est réputée résidente pour cette année (al. 250(1)(a)). Pour le critère complet, consultez la résidence fiscale au Canada. Pour connaître la date exacte où la résidence prend fin, consultez la date à laquelle vous devenez non-résident du Canada.
Quels liens font le plus souvent rester résident canadien une personne qui part pour Dubaï?
Trois liens font l'essentiel des dégâts : une maison canadienne gardée à votre disposition, un conjoint ou des enfants qui restent, et de longs séjours fréquents au Canada.
- Une maison gardée pour vos visites. Une maison ou un condo laissé vide ou meublé pour votre usage est généralement un lien important. La louer à un locataire sans lien de dépendance, aux conditions du marché, peut changer la situation selon les faits (¶1.12). Pour la location, consultez propriétaires bailleurs non-résidents; pour le choix entre garder ou vendre, consultez garder ou vendre votre maison en quittant le Canada.
- Une famille qui reste. Un conjoint qui reste pour terminer une année scolaire ou un emploi au Canada peut vous garder résident jusqu'à son départ : l'ARC retient généralement la plus tardive des dates suivantes : votre départ, celui de votre famille et le jour où vous devenez résident ailleurs (ARC : Quitter le Canada). Consultez la famille reste au Canada pendant que vous travaillez à l'étranger.
- Des retours fréquents combinés à d'autres liens. Des visites régulières jumelées à une maison, une voiture, l'assurance maladie provinciale ou une entreprise gardée au Canada renforcent l'argument en faveur de votre résidence canadienne.
Si vos liens sont mixtes, vous pouvez demander à l'ARC son opinion sur votre résidence.
Quel impôt de départ s'applique quand je déménage aux EAU?
L'impôt de départ canadien ordinaire s'applique, comme pour toute destination : le jour où vous devenez non-résident, vous êtes réputé avoir vendu la plupart de vos biens à leur juste valeur marchande, sauf exceptions comme les biens immobiliers canadiens et les régimes enregistrés (ARC : Dispositions de biens). Ce qui est exclu, le formulaire T1161, la dernière déclaration et le report avec le formulaire T1244 sont expliqués dans quitter le Canada.
Le choix prévu par la convention est étroit. Le paragraphe 8 du protocole de la convention permet à un particulier imposé au Canada sur une disposition réputée de choisir d'être traité aux EAU comme s'il avait vendu puis racheté le bien à sa juste valeur marchande (protocole, par. 8). Ce choix fixe un coût aux fins de l'impôt des EAU et ne réduit pas l'impôt de départ canadien. Son texte ne nomme aucune condition de résidence ou de nationalité, mais comme il n'influe que sur l'impôt des EAU, sa valeur dépend de la loi des EAU; demandez conseil avant de vous y fier.
Combien le Canada retient-il sur les dividendes, les pensions, le RPC et la SV qui me sont versés aux EAU?
Généralement 25 %, le plein taux de la partie XIII. L'ARC applique ce taux aux sommes imposables versées à des non-résidents, sauf si une convention ou la Loi le réduit (ARC : taux de la partie XIII). Pour un non-ressortissant des EAU, les taux réduits de la convention ne sont pas offerts, car ils exigent la résidence des EAU au sens de la convention.
| Paiement venant du Canada | Retenue pour un non-ressortissant qui vit aux EAU | Taux de la convention qu'un résident des EAU au sens de la convention peut demander |
|---|---|---|
| Dividendes d'une société canadienne | 25 % | 15 % (article 10(2)) |
| Pensions de la SV, du RPC et du RRQ | 25 % | Aucun plafond : l'article 18 permet au Canada d'imposer les pensions selon sa propre loi |
| Pensions d'employeur, paiements de REER et de FERR | 25 % | Aucun plafond selon l'article 18 |
Le tableau par pays de Service Canada n'a pas de ligne pour les EAU; les résidents des EAU relèvent donc de la catégorie « tous les autres pays », à 25 % sur la SV, le RPC et le RRQ (Service Canada : impôt sur les pensions à l'étranger). Une déclaration en vertu de l'article 217 permet parfois de récupérer une partie de l'impôt retenu sur les pensions et les paiements de REER ou de FERR; consultez déclaration de non-résident pour un revenu de pension et de REER. La question d'encaisser un REER d'abord est traitée dans encaisser un REER avant ou après avoir quitté le Canada, et les autres taux dans taux d'imposition des non-résidents au Canada. Les intérêts des comptes bancaires et des CPG canadiens suivent leurs propres règles; consultez comptes bancaires et de courtage canadiens après le départ.
Puis-je encore recevoir la SV et le RPC aux EAU?
Le RPC continue d'être versé à l'étranger. La SV continue de l'être seulement si vous atteignez 20 ans après l'âge de 18 ans, en comptant les années au Canada seules ou avec les années de résidence et de travail dans un pays qui a un accord de sécurité sociale avec le Canada. Le Canada n'a pas d'accord de ce type avec les EAU (Service Canada : accords); les années passées aux EAU ne comptent donc pas dans les 20 ans.
- SV : les paiements peuvent cesser si vous êtes hors du Canada plus de six mois sans respecter la règle des 20 ans (Service Canada : pendant que vous recevez la SV). Avisez Service Canada avant de partir.
- Déclaration de revenus de la SV : les EAU ne figurent pas sur la liste de l'ARC des pays dont les résidents sont dispensés; un résident des EAU qui reçoit la SV en produit donc généralement une au plus tard le 30 avril de chaque année, faute de quoi la pension peut être suspendue. Elle déclare votre revenu mondial, et l'impôt de récupération de la SV, qu'aucune convention ne limite ici, peut réduire ou annuler la SV lorsque ce revenu est élevé (T4155).
- RPC : versé aux EAU avec retenue de l'impôt des non-résidents.
Quelles preuves de mon départ du Canada dois-je conserver?
Conservez des documents qui montrent que chaque lien important a été rompu à une date précise. Sans convention sur laquelle vous appuyer, votre non-résidence repose sur ces faits, et l'ARC peut vous demander de les démontrer (voir questionnaire de l'ARC sur la résidence).
- bail ou titre de propriété aux EAU et visa de résidence, avec les dates;
- documents de clôture de la vente de votre maison canadienne, ou bail avec un locataire sans lien de dépendance à un loyer du marché;
- preuve que votre conjoint et vos enfants ont déménagé (inscription scolaire, leur bail ou leur visa);
- avis d'annulation de l'assurance maladie provinciale, du permis de conduire canadien et des adhésions;
- un registre des jours passés au Canada chaque année;
- votre dernière déclaration canadienne avec la date de départ à la page 1 (ARC : Quitter le Canada).
Exemple
Ces exemples sont illustratifs; tous les montants sont en dollars canadiens.
Un ingénieur déménage à Dubaï avec sa famille
Un ingénieur, qui n'est pas ressortissant des EAU, vend son condo de Toronto et déménage à Dubaï avec son conjoint et ses enfants. Son portefeuille non enregistré vaut 200 000 $ CA le jour du départ, avec un gain non réalisé de 60 000 $ CA. Il déclare ce gain sur sa dernière déclaration canadienne comme s'il avait vendu le portefeuille; la moitié, soit 30 000 $ CA, est son gain en capital imposable, et l'impôt sur ce montant est son impôt de départ. La convention ne lui donne pas la résidence des EAU; sa non-résidence repose donc sur les liens qu'il a rompus. Plus tard, 4 000 $ CA de dividendes canadiens lui sont versés : le payeur retient la totalité de 25 %, soit 1 000 $ CA, car le taux de 15 % de la convention exige la résidence des EAU au sens de la convention.
Une consultante garde sa maison de Calgary
Une consultante déménage à Dubaï avec un salaire de 300 000 $ CA qui n'est pas imposé aux EAU. Elle garde sa maison de Calgary vide pour ses visites, et son conjoint reste pour terminer l'année scolaire. Avec une maison à sa disposition et un conjoint au Canada, elle demeure probablement résidente de fait du Canada pendant au moins cette période. Si elle est encore résidente, le Canada impose la totalité de son salaire pour cette période, sans impôt des EAU à créditer et, comme elle n'est pas ressortissante, sans règle de départage sur laquelle s'appuyer.
Un retraité avec 15 ans au Canada
Un retraité de 66 ans, qui a vécu 15 ans au Canada après l'âge de 18 ans et n'a jamais vécu ni travaillé dans un pays ayant un accord de sécurité sociale avec le Canada, déménage à Abou Dabi. Avec moins de 20 ans, sa SV peut cesser après plus de six mois d'absence. Son RPC de 900 $ CA par mois continue, avec 225 $ CA par mois retenus au plein taux de 25 %.
Votre situation est différente?
- Votre maison, votre conjoint ou vos enfants restent au Canada : ce sont des liens importants; vous pourriez donc être encore résident canadien. Consultez la famille reste au Canada et obtenez de l'aide en fiscalité transfrontalière avant de produire votre déclaration.
- Vous êtes ressortissant des EAU avec des liens dans les deux pays : la règle de départage de l'article 4(3) peut s'appliquer; obtenez un examen de fiscalité transfrontalière.
- Vous possédez une société canadienne : consultez vous verser une rémunération de votre société après un départ à l'étranger et l'aide en fiscalité transfrontalière.
- Vous louez votre maison canadienne ou un autre bien : consultez propriétaires bailleurs non-résidents pour le formulaire NR6 et la déclaration de l'article 216, et obtenez de l'aide en fiscalité transfrontalière.
- Vous passerez de longues périodes au Canada chaque année : des séjours fréquents peuvent vous garder résident, et 183 jours ou plus dans une année font de vous un résident réputé; consultez la résidence fiscale au Canada et obtenez de l'aide en fiscalité transfrontalière avant de produire votre déclaration.
- Vous recevez l'Allocation canadienne pour enfants ou d'autres prestations : consultez prestations après avoir quitté le Canada.
- Vous continuez de travailler pour un employeur canadien : consultez travailler pour un employeur canadien depuis l'étranger.
- Vous détenez de gros gains non réalisés : consultez quitter le Canada pour l'impôt de départ, le formulaire T1161 et le report.
- Vous êtes déjà parti sans produire de déclaration de départ : consultez déclaration canadienne de non-résident et mise à jour des années manquantes et obtenez de l'aide en fiscalité transfrontalière.
- Vous déménagez ailleurs : consultez les pages des autres pays, comme déménager du Canada à Singapour ou déménager du Canada au Royaume-Uni.
Chiffres de cette page
| Chiffre | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Taux par défaut de la retenue d'impôt canadienne des non-résidents Taux interne applicable à certains paiements de source canadienne; une convention fiscale peut le réduire | 25 % | ARC : Les non-résidents et l'impôt sur le revenu Vérifié |
| Retenue légale de la partie XIII sur les dividendes versés à des non-résidents Avant toute réduction prévue par une convention ; s'applique aux dividendes versés ou crédités par une société résidente du Canada | 25 % | Loi de l'impôt sur le revenu, paragraphe 212(2) Vérifié |
| Taux de la convention fiscale Canada–Émirats arabes unis sur les dividendes, tous les cas autres que celui des sociétés admissibles Article 10(2)c); offert seulement au bénéficiaire effectif qui est résident des Émirats arabes unis au sens de l'article 4, ce qui, pour un particulier, veut dire un ressortissant des Émirats | 15 % | Convention fiscale Canada–Émirats arabes unis, article 10(2) Vérifié |
Sources officielles
- Ministère des Finances du Canada : convention fiscale Canada–Émirats arabes unis (2002)
- ARC : Folio de l'impôt sur le revenu S5-F1-C1, Détermination du statut de résidence d'un particulier
- Loi de l'impôt sur le revenu, article 250
- ARC : Quitter le Canada (émigrants)
- ARC : Dispositions de biens pour les émigrants
- ARC : Taux de l'impôt de la partie XIII
- Service Canada : Impôt sur les pensions canadiennes quand vous vivez hors du Canada
- Service Canada : Accords de sécurité sociale
- Service Canada : Pendant que vous recevez la pension de la Sécurité de la vieillesse
- ARC : T4155, Guide de la déclaration de revenus de la Sécurité de la vieillesse pour les non-résidents
À propos de ce guide
Traduit du guide en anglais · Lire l'original en anglais
Il explique les règles générales pour l'année d'imposition indiquée. Il ne s'agit pas d'un conseil adapté à votre situation.
Modifications à l'original anglais
- : Première publication.